N.-B.: malgré un déficit à la baisse, la dette de la province grimpe de 325 millions $

Le bilan économique positif du gouvernement de Brian Gallant n’est qu’un écran de fumée selon l’opposition progressiste-conservatrice.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, a présenté vendredi les résultats financiers de la province pour le premier trimestre.

Fredericton anticipe dorénavant une déficit à la baisse et une croissance économique à la hausse pour l’exercice financier 2017-2018.

Le député Brian Macdonald du Parti progressiste-conservateur estime cependant que ces bonnes nouvelles cachent une situation beaucoup moins enviable.

«(Les libéraux) continuent de dépenser plus d’argent qu’ils n’en récoltent. Ça veut dire que la dette continue de croître. Ils ne remboursent absolument rien de la dette. Ils dépensent juste un peu moins que ce qu’ils avaient prévu. C’est ça l’annonce d’aujourd’hui.»

Le ministère des Finances s’attend à un déficit de 156 millions $, en baisse de 35 millions $ par rapport aux prévisions du budget printanier.

La province peut notamment compter sur une réduction inattendue des dépenses de 25 millions $, provoquée notamment par des charges moins élevées pour les prestations de retraite.

Les revenus sont aussi en hausse de 10,6 millions $, principalement en raison de la TVH.

Les prévisions de croissance du produit intérieur brut ont également été révisées pour passer de 0,6% à 0,8%.

À la fin de l’exercice financier, la dette de la province devrait grimper de 325,6 millions $, pour se chiffrer à 14,3 milliards $.

Malgré ces bonnes nouvelles, Fredericton maintient le cap et n’a pas l’intention d’atteindre l’équilibre budgétaire avant 2020, ce que déplore le député Macdonald.

Selon lui, le gouvernement Gallant a récolté 1 milliard $ supplémentaire en augmentation de taxes et d’impôts depuis son élection en 2014.

«Ils pourraient équilibrer le budget maintenant, mais ils ont pris la décision comme tactique politique de taxer pour dépenser et de dépenser pour gagner», affirme M. Macdonald.

«C’est une tactique bien établie du Parti libéral et ça va être en place pour la prochaine élection.»

Le chef du Parti vert, David Coon, est également préoccupé par la taille de la dette provinciale.

«Le déficit structurel a été éliminé. La principale priorité du gouvernement doit être la réduction de la dette. La vérificatrice générale l’a clairement dit. Le gouvernement doit se donner des objectifs clairs. Malheureusement, la ministre n’a pas du tout parlé de la question.»

Dans sa plateforme électorale, le Parti libéral prévoyait pour cette année un manque à gagner de 181 millions $, soit 25 millions $ de plus que le déficit maintenant attendu.

Selon la ministre Rogers, il est prudent de ne pas espérer un retour hâtif à l’équilibre budgétaire malgré le bilan positif du premier trimestre.

«Si nous pouvons continuer à atteindre et même dépasser nos objectifs et équilibrer le budget plus tôt, ça serait certainement une bonne chose», indique-t-elle.

«Mais nous voulons aussi continuer à respecter les priorités des Néo-Brunswickois et c’est pour ça que nous investissons stratégiquement en santé, en éducation et dans la croissance économique.»

Tout n’est pas non plus au beau fixe dans le portrait fiscal du Nouveau-Brunswick, avance Cathy Rogers.

Le fiasco des évaluations foncières a déjà fait baisser les revenus de l’impôt de 5 millions $ alors que le coût de la tempête de verglas du mois de janvier devrait coûter 6 millions $ seulement pour le programme d’aide financière. Les recettes de la taxe sur le tabac sont également en baisse de 4 millions $.

Le conflit sur le bois d’œuvre avec les États-Unis n’a pas encore eu d’effets importants sur les finances de la province, mais le risque demeure bien vivant, prévient la ministre.

«C’est pourquoi nous sommes prudents avec nos prévisions économiques et financières. Le commerce international, c’est l’un des vents contraires que nous suivons de près.»