Bois d’œuvre: une bonne nouvelle pour les producteurs du N.-B.

Depuis samedi, les producteurs de bois d’œuvre du Nouveau-Brunswick peuvent souffler un peu plus librement alors que la mesure préliminaire de droits compensatoires imposée par Washington a pris fin.

Le département américain du Commerce a annoncé lundi soir qu’il remettait au 14 novembre la détermination finale des droits compensatoires dans le dossier du bois d’œuvre. D’ici là, les entreprises canadiennes n’auront ainsi plus à débourser cette surcharge de 19,88%, mais uniquement le droit antidumping de  6,87%.

En somme, il s’agit donc d’une bonne nouvelle pour les producteurs qui, grâce à cet allègement temporaire, verront leurs marges de profit augmenter pendant quelques semaines.

Pour Mike Légère, directeur général de l’Association des produits forestiers du Nouveau-Brunswick, il s’agit d’une période de grâce bienvenue pour les entrepreneurs de la province. Mais ce répit sera bref prévient-il.

«Il y a toujours beaucoup d’incertitude sur ce qui s’en vient par la suite», souligne le porte-parole de l’association, citant la détermination des États-Unis dans ce dossier.

Jusqu’à présent, le conflit avec les Américains sur la question du bois d’œuvre a certes causé des désagréments – et une frustration certaine – à l’industrie néo-brunswickoise. Mais les impacts n’ont pas encore été catastrophiques.

«Au cours des derniers mois, c’était business as usual comme on dit et il n’y a pas d’entreprise qui a fermé ses portes ou cessé sa production en raison des pénalités. Les prix du bois se sont d’ailleurs légèrement ajustés en fonction des pénalités. En fait, le prix du bois a été relativement bon et la demande est là, donc ça aide nos entreprises dans cette période d’instabilité», indique-t-il.

Comme effet pervers du conflit, il estime que cela peut avoir retardé certains investissements dans les usines voulant améliorer leur productivité.

«Tant qu’on ne sait pas avec exactitude ce qui s’en vient, c’est difficile de se compromettre sur des dépenses majeures», dit-il.

Une décision qui pourrait faire mal

La décision qui doit être rendue le 14 novembre prochain sur la détermination des tarifs finaux pourrait par contre faire mal selon M. Légère advenant qu’aucune entente ne soit survenue d’ici là.

«Si le département américain du Commerce et l’International Trade Commission déterminent que les subventions canadiennes ont nui à industrie américaine, les tarifs seront rétroactifs au mois de janvier pour les entreprises canadiennes. Et cette mesure pourrait faire mal au porte-monnaie des entreprises n’ayant pas accès à beaucoup de capitales, donc surtout les plus petites», indique M. Légère.

Au départ, la période de grâce devait s’échelonner jusqu’au 6 septembre. Le fait qu’elle ait été prolongée d’un mois est un bon présage selon le directeur général.

«C’est un signe selon moi que les gens qui négocient sont toujours en discussions et qu’ils veulent un peu plus de temps pour en arriver à une entente», dit-il.

Ce dernier se dit également encouragé par le récent appui des gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre.

«J’ai beaucoup aimé qu’ils n’hésitent pas à donner leur appui à l’industrie néo-brunswickoise, qu’ils disent à leur président que de nombreux emplois chez eux dépendent d’une industrie en santé chez nous. Bref, je suis beaucoup plus optimiste cette semaine d’en arriver à une entente négociée avec les Américains que je ne l’étais il y a deux semaines à peine», avoue M. Légère.

Le Nouveau-Brunswick ne produit qu’environ 2% du volume de bois d’œuvre total importé aux États-Unis.

Le Canada a livré pour 5,66 milliards $ US de bois d’œuvre aux États-Unis l’an dernier.

Selon le Conference Board du Canada, l’imposition des droits compensatoires à leurs niveaux actuels pourrait coûter aux producteurs canadiens jusqu’à 1,7 milliard $ par année et faire perdre environ 2200 emplois jusqu’à la conclusion d’une entente.

Avec extraits de la Presse canadienne