71 millions $ pour les services à la petite enfance du Nouveau-Brunswick

En déplacement à Moncton, Justin Trudeau a annoncé mercredi la signature d’une entente de 71 millions de dollars pour l’apprentissage et la garde des jeunes d’âge préscolaire.

Ces fonds serviront à offrir davantage de formation au personnel éducatif, à créer des places de garderie supplémentaires et à réduire les frais pour les familles.

Devant un public nombreux et une foule de journalistes, Justin Trudeau a visité le Wee College de Moncton qui accueille des enfants d’âge préscolaire. Il a ensuite livré des détails sur l’accord signé entre Ottawa et le Nouveau-Brunswick.

«Il s’agit d’assurer qu’il y a des places de qualité et abordables dans les garderies avec une emphase pour les familles à bas et à moyen revenus», déclare M. Trudeau.

Près de 30 millions $ seront investis par le gouvernement fédéral tandis que la province sortira 41 millions $ de ses poches.

Cela permettra la création de 200 places de garderie destinées aux bébés et aux tout-petits. Selon le premier ministre Gallant, il s’agira aussi bien de places pour les anglophones et que pour les francophones.

Il ajoute  que son gouvernement rendra les services de garde plus abordable pour les familles à faibles revenus. «Les familles qui se trouvent dans des situations financières plus difficiles peuvent souffler parce qu’il va y avoir de l’aide assez importante pour le coût des garderies», assure M. Gallant.

«L’éducation et l’apprentissage des jeunes enfants figurent parmi les meilleurs investissements que nous pouvons faire pour la prospérité future de notre économie. Offrir des services de garde plus abordables et de grande qualité permettra de renforcer les familles, la classe moyenne et la main-d’œuvre de demain au Nouveau-Brunswick.»

300 garderies seront transformées en centres de la petite enfance désignés. D’après la province, ces centres «offriront plus de places de qualité, une structure à faibles coûts et des politiques et lignes directrices favorisant l’inclusion des communautés francophones minoritaires.»

Sept «centres d’excellences» seront mis en place à travers la province. Ils offriront des ressources et de la formation aux éducateurs à la petite enfance.

En juin dernier, Ottawa s’est entendu avec les provinces sur une enveloppe de 7,5 milliards $ pour la création de 40 000 places en garderie à l’échelle nationale, au cours des prochaines 11 années.

«Cet accord donnera aux enfants de la province un bon départ dans la vie et les outils dont ils ont besoin pour réussir à l’avenir», insiste Justin Trudeau.

Entre enthousiasme et questionnements

Pascal Haché, président de l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick, se dit ravi par les mesures proposées.

«Ce sont des sommes assez conséquentes. On attend des détails pour savoir quel sera l’impact sur le portefeuille des parents, mais c’est certainement un pas de géant dans la bonne direction», lance-t-il.

Les frais de garde élevés contrarient les projets de vie et les carrières de nombreux Néo-Brunswickois, poursuit Pascal Haché.

«Souvent, un des parents est obligé de rester à la maison, cette personne ne contribue pas à l’économie de la région. Certains se retiennent parce que ça devient impossible financièrement d’avoir quatre ou cinq enfants. Un service de garde abordable aiderait à régler le problème démographique de la province. Espérons que ça encouragera les gens à avoir de plus grosses familles.»

Lise Maillet, présidente de l’association Soins et éducation à la petite enfance du Nouveau-Brunswick, estime que ces investissements sont bienvenus. «On a besoin de plus d’éducatrices et d’éducateurs formés», dit-elle.

Elle se demande à quels changements doivent s’attendre les propriétaires de garderie et le personnel. «On souhaite que le gouvernement provincial prenne le temps de poser des questions sur le terrain pour s’assurer que le modèle qu’ils veulent mettre en place soit fonctionnel et facile à mettre en oeuvre.»

De son côté, le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick note des «signes encourageants», mais attend des actions concrètes pour assurer «un service de garderie universel en milieu rural et urbain qui respecte la dualité linguistique».

«L’investissement dans les services de garde s’avère un vecteur essentiel pour soutenir la conciliation travail-famille, pour favoriser l’insertion des femmes sur le marché du travail, leur pleine participation dans les sphères décisionnelles et pour l’atteinte d’une réelle égalité», souligne Nelly Dennene, directrice générale du RFNB.