Glyphosate: Dawn Arnold tentera de rallier Dieppe et Riverview à sa cause

La mairesse de Moncton poursuit sa croisade contre l’arrosage de glyphosate dans le bassin hydrographique de Turtle Creek. Elle espère maintenant convaincre ses collègues de Riverview et de Dieppe de faire front commun.

Le glyphosate, un désherbant controversé qualifié de cancérogène probable par certaines entités et de sécuritaire par d’autres, continue de retenir l’attention dans le Grand Moncton.

Mercredi, après avoir appris que la forestière J.D. Irving allait arroser des terres situées près du réservoir qui alimente le Grand Moncton en eau potable, la mairesse de Moncton s’est tournée vers les médias sociaux.

Dans le message qu’elle a publié sur Facebook, elle a invité ses concitoyens à faire part de leurs préoccupations au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux (qui a accordé le permis d’arrosage à J.D. Irving).

Elle a aussi indiqué qu’une rencontre des trois maires du Grand Moncton aura lieu prochainement pour faire le point sur ce dossier.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle dans la foulée de cette mise à jour, elle explique ce qu’elle souhaite accomplir avec ses collègues de Dieppe et de Riverview.

«J’aimerais avoir un front commun. Mais nous devrons discuter ce à quoi cela pourrait avoir l’air. Il y a de nombreuses possibilités. Nous devrons discuter de ce que nous souhaitons, collectivement, comme résultat.»

Il reste maintenant à voir comme les deux autres communautés se positionneront. Déjà, la mairesse de Riverview, Ann Seamans, se rallie à Dawn Arnold.

Dans une déclaration que sa porte-parole nous a fait parvenir par courriel, on peut lire qu’elle «appuie la demande de la mairesse Arnold au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux d’interdire l’utilisation du glyphosate dans le bassin hydrographique.»

La position du maire de Dieppe, Yvon Lapierre, est moins claire, du moins pour l’instant. Sa porte-parole, Annie Duguay, nous a indiqué par courriel que «le conseil municipal doit se rencontrer et discuter du dossier avant de pouvoir émettre une opinion sur le sujet.»

«Le principe de la précaution doit être appliqué»

Au cours des derniers jours, Dawn Arnold n’y est pas allé de main morte dans ce dossier.

Peu après que l’Acadie Nouvelle ait braqué les projecteurs sur cet enjeu, elle a contacté le gouvernement provincial pour demander que l’arrosage d’herbicides soit interdit dans le bassin hydrographique de Turtle Creek.

Mais pourquoi a-t-elle sauté là-dessus si rapidement et avec autant de ferveur? Elle répond que c’est parce que l’arrosage a lieu près de la source d’eau potable de Moncton.

«On ne sait pas avec certitude que cela ne fait aucun tort. Veut-on cela? Le principe de la précaution doit être appliqué ici, selon moi. (…) Je pense qu’il est primordial que l’on protège notre source d’eau (potable).»

Au cours des dernières années, des avis partagés sur le glyphosate ont été publiés par diverses organisations. Plus tôt en 2017, Santé Canada a maintenu l’homologation de ce désherbant et a tranché qu’il ne pose pas de risques inacceptables tant que les instructions sont suivies par ceux qui s’en servent.

Dawn Arnold est au courant de ces avis divergents. Elle dit qu’elle sait bien qu’elle n’est pas une experte ou une scientifique, mais tient à en avoir le coeur net. Elle souhaite tout simplement être prudente, dit-elle.

«J’aimerais ne plus douter. J’aimerais que disparaisse ce doute.»