Rentrée scolaire sur fond de problèmes graves, selon UNICEF Canada

Alors que s’amorce la rentrée scolaire pour des milliers d’élèves au Nouveau-Brunswick, c’est au tour de l’UNICEF d’émettre des craintes quant à la santé et au bien-être des enfants.

Selon l’organisme de bienfaisance humanitaire, les taux d’intimidation et de poids malsain supérieurs à la moyenne, combinés à une mauvaise santé mentale, menacent possibilités de réussite des jeunes Canadiens.

Dans un rapport publié plus tôt cet été, UNICEF Canada indique que le pays était loin d’être premier de classe lorsqu’il est question du bien-être général de l’enfant.

De fait, selon l’organisme, le Canada se classe au 25e rang sur 41 pays riches en ce qui concerne le bien-être chez l’enfant.

L’UNICEF dit trouver inquiétants les indicateurs liés à la santé de l’enfant, à la violence dont les enfants sont victimes et à l’évaluation que les enfants font de leur propre bien-être.

«Les inégalités en matière de revenu familial et de sécurité alimentaire sont aussi alarmantes», peut-on lire dans le bilan Innocenti 2017 d’une soixantaine de pages.

«Nous envoyons les enfants à l’école afin de les préparer à réussir dans la vie. Pourtant, lorsqu’on constate la faiblesse de tant d’indicateurs clés du bien-être chez les enfants et les jeunes, comme leur santé, leur sécurité et leur sentiment d’appartenance, il est clair que nous n’en faisons pas suffisamment pour garantir les meilleurs résultats possible pour les enfants au Canada. Le moment est venu de faire face à la réalité et de nous demander comment mieux faire», affirme David Morley, le président et chef de la direction d’UNICEF Canada.

Selon le rapport, le Canada fait belle figure en ce qui a trait à l’instauration de modes de consommation et de production durables et en assurant généralement à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité.

À l’inverse, le pays se retrouve à la queue du classement en raison de son incapacité à éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition.

Le Canada est également parmi les derniers de classe lorsqu’il est question de promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et inclusives aux fins du développement durable.

Un jeune Canadien sur sept est régulièrement l’objet d’intimidation

L’UNICEF Canada évalue à 15% le taux d’intimidation dans les écoles du pays, un chiffre largement supérieur à la moyenne selon l’organisme qui qualifie également d’alarmant le taux de suicide chez les jeunes et d’homicides perpétrés contre ceux-ci.

Le Canada se classe au 27e rang sur 41 pays parmi les plus riches du monde à ce chapitre et peine à réduire le taux d’intimidation qui demeure stable depuis une dizaine d’années, affirme L’UNICEF.

À titre d’exemple, le Centre canadien de protection de l’enfance signalait récemment que les cas de sextorsion sur Internet à l’encontre de garçons adolescents ont augmenté de 89% depuis deux ans.

«Au Canada, au moins un enfant sur sept est l’objet d’intimidation de façon régulière et répétée. Cette situation devrait être inquiétante non seulement pour les parents et le personnel enseignant, mais pour chacun de nous. Est-ce le Canada où nous voulons voir nos enfants grandir, un pays de peur et d’exclusion?», se demande David Morley.

Les différents districts scolaires de la province ont instauré des politiques de tolérance zéro en matière d’intimidation.

Outre la présence d’intervenants dans chaque école, certains établissements scolaires ont mis en place des initiatives visant à contrer le phénomène au quotidien.

Par exemple, l’école Sainte-Anne à Fredericton a mis en ligne un formulaire où il est possible pour une victime ou un témoin de dénoncer en quelques clics un cas d’intimidation.