Un premier pas vers un réseau international de bornes de recharge

Les provinces de l’Est du Canada et les États de la Nouvelle-Angleterre font un premier pas vers la création d’un réseau international de bornes de recharge pour les véhicules électriques.

Les premiers ministres canadiens et les gouverneurs américains ont adopté récemment une résolution à Charlottetown afin de créer des corridors routiers électriques dans l’Est de l’Amérique du Nord.

Ces corridors garantiraient aux propriétaires de véhicules électriques un accès facile et rapide à une borne de recharge, peu importe où ils se trouvent en Nouvelle-Angleterre et dans l’Est du Canada.

Les élus canadiens et américains se sont aussi entendus pour veiller à l’interopérabilité des systèmes de recharge afin qu’un conducteur puisse recharger sa voiture électrique aussi facilement au Nouveau-Brunswick qu’au Québec ou au Massachusetts.

En 2013, les provinces et les États s’étaient donné comme objectif d’atteindre 5% de véhicules «à carburant de remplacement» (comme l’électricité) sur les routes d’ici à 2020.

D’après les premiers ministres et les gouverneurs, les véhicules électriques ont le «potentiel de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serres produites par le secteur du transport».

Ils sont aussi d’avis que «la création de corridors de recharge pour véhicules électriques stimulera le tourisme dans les provinces et les États participants».

Énergie NB a récemment annoncé l’installation d’une quinzaine de bornes de recharge principalement le long de la route Transcanadienne. Des municipalités et des promoteurs privés ont également des bornes accessibles au public.

L’entreprise Flo, qui se décrit comme «le plus grand réseau de recharge au Canada», compte une quarantaine de bornes de recharge au Nouveau-Brunswick.

«Il y en a plus qu’il y en avait. Ça ne fonctionne pas si mal, mais au Nouveau-Brunswick, ça demande encore, du moins pour l’instant, une planification de ses déplacements parce qu’il n’y en a pas assez pour être certains hors de tous doutes que l’on va arriver et que la borne va être libre», explique Martin Archambault de l’Association des véhicules électriques du Québec.

Selon lui, il est impératif que les gouvernements se chargent des infrastructures de recharge des véhicules électriques pour assurer une croissance rapide du réseau, surtout en ce qui concerne les bornes rapides qui sont plus coûteuses et très énergivores.

«Il faut arrêter de considérer les bornes de recharge comme étant quelque chose qui est sous la responsabilité des citoyens et des commerces. C’est comme si on avait créé les voitures, il y a une centaine d’années et qu’on avait remis aux citoyens la responsabilité de construire les routes», illustre-t-il.

Un défi de taille

L’interopérabilité des réseaux sur laquelle ont décidé de miser les premiers ministres de l’Est du Canada et les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre est également très importante d’après M. Archam-bault.

Pour le moment, les réseaux de bornes de recharge ont souvent chacun leur mode d’utilisation et de paiement. L’automo-biliste qui parcourt de grandes distances avec sa voiture électrique court donc le risque de devoir être membre de plus d’un réseau pour pouvoir recharger son véhicule un peu partout.

«C’est comme si on changeait de devise monétaire à chaque fois. Il y a un très gros besoin d’harmoniser (les réseaux)», affirme Martin Archambault.

Dans son Plan d’action sur les changements climatiques présenté en décembre, le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est donné comme objectif d’atteindre 2500 véhicules électriques sur les routes de la province d’ici à 2020. Un défi de taille considérant que la province compte en ce moment moins de 150 véhicules électriques.

Fredericton a notamment promis une stratégie pour les véhicules électriques qui devraient contenir des mesures incitatives pour l’achat de véhicules électriques, comme au Québec et en Ontario.