Chaleur et Péninsule: front commun des maires pour une nouvelle route 11

Si l’idée d’une voie d’accès rapide entre la Péninsule acadienne et la région Chaleur remonte à une quinzaine d’années, cette vision n’a jamais eu autant les coudées franches que maintenant, alors que les maires des deux régions réclament, d’une seule voix, la construction du tronçon.

La Commission de services régionaux (CSR) Chaleur et celle de la Péninsule acadienne font front commun en faveur de ce couloir direct entre Janeville et Bertrand ou bien Pokemouche.

«Il y a un an que les élus de la Péninsule acadienne et de la région Chaleur travaillent sur ce projet. Nous avons déterminé que c’était la priorité pour nos deux régions. C’est quand même exceptionnel qu’une vingtaine de maires et une trentaine de représentants des Districts de services locaux se battent pour l’extension de la route 11», avance Paolo Fongemie, porte-parole de ce dossier et maire de Bathurst.

«Notre rôle comme élus est de définir un environnement propice au développement économique et il nous manque cette route pour nous épanouir», insiste-t-il.
Ce nouveau tronçon vise à permettre la sortie des marchandises de la Péninsule acadienne rapidement et vice-versa, ce qui entraînerait des économies de temps et d’argent.

«Nous n’avons pas d’aéroport. Nous n’avons pas de port de mer, pas de train. C’est important que ce tronçon soit développé pour que les compagnies de la Péninsule qui expédient des produits puissent le faire à moindres coûts. Aussi, les transporteurs facturent davantage pour se rendre chez nous, parce que notre route n’est pas accessible», indique Georges Savoie, le président de la CSR de la Péninsule acadienne et maire de Néguac.

Les présidences des CSR ont entrepris des démarches auprès du gouvernement provincial et même du gouvernement fédéral, pour que ce projet soit analysé dès cette année.

«La réponse est timide. On nous dit que ce n’est pas dans les prévisions à long terme et qu’on va peut-être en discuter en 2018. Nous ne sommes plus en mode discussion. Nous voulons avoir un tracé et des études préliminaires en 2017. Ça prend cinq ans pour faire une route. Nous sommes prêts à attendre pour sa construction, mais pas pour que ça démarre. Nous recherchons un engagement ferme du gouvernement envers cette demande», martèle Paolo Fongemie.

Le ministère des Transports et de l’Infrastructure ne ferme pas la porte à ce corridor, mais il se concentre sur la transformation de la route 11 entre Miramichi et Shediac. C’est en substance ce que le ministre Bill Fraser a expliqué aux maires lors d’une rencontre l’an dernier.

«Je leur ai aussi dit que nous sommes intéressés, et que nous allons nous pencher sur la voie de contournement à Janeville à un moment donné, dans le futur. Pour l’instant, ça ne fait partie de notre planification budgétaire d’immobilisations à long terme. Quand nous réviserons notre plan, nous prendrons certainement ceci en considération», avance le ministre Fraser.

«Nous reconnaissons à quel point les infrastructures sont importantes pour la croissance des entreprises et leur compétitivité. Le transport joue un grand rôle. C’est pourquoi nous investissons grandement dans les infrastructures routières à travers la province», vante-t-il.

Le chantier d’envergure de l’autoroute 11 s’élève à 272 millions $ et doit être complété en 2021.