Les communautés francophones veulent faire partie de la solution

Depuis juillet, plus de 7000 migrants, majoritairement d’origine haïtienne, ont fui les États-Unis pour demander asile au Canada. Les communautés francophones et acadiennes espèrent qu’elles ne seront pas oubliées lorsque viendra le temps de trouver une région d’accueil à ceux qui pourront rester au pays.

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a lancé un message clair en conférence de presse jeudi. L’organisme qui représente 2,6 millions de francophones vivant hors Québec veut faire partie de la solution pour accueillir tous ces réfugiés dont le pays d’origine a comme langue officielle le français.

«On veut s’assurer, de un, que le gouvernement canadien comprenne que nous sommes engagés. On veut travailler avec le gouvernement. On veut travailler avec les nouveaux arrivants ou les réfugiés qui seront admis pour leur trouver une place à l’intérieur de nos communautés (francophones)», a indiqué le président de la FCFA, Jean Johnson, en entrevue avec l’Acadie Nouvelle.

«On veut que le gouvernement canadien et le ministre de l’Immigration comprennent que nous ne sommes pas des adversaires, mais bien des collaborateurs, des rassembleurs, des bâtisseurs et qu’il est grand temps que les différents ministères reconnaissent que les communautés francophones peuvent devenir un atout pour les services que le gouvernement canadien aimerait offrir dans le domaine de l’immigration», a ajouté M. Johnson.

Pour démontrer que la FCFA est prête à mettre l’épaule à la roue, un nouveau site web, dont l’objectif est de répertorier les emplois en milieu francophone, a été lancé. Pour l’instant, seuls des postes dans les écoles francophones de l’Ontario y sont affichés. Toutefois, l’organisme espère que les communautés francophones de partout au pays utiliseront le site (www.francoemploi.ca).

«Ce qui va les attirer pour choisir une petite communauté ou une autre région, c’est la possibilité d’avoir un emploi.»

«Les gens veulent se greffer à une communauté. Pourquoi ça ne serait pas une communauté francophone. Déjà il une affinité par rapport à la langue qui devient un point d’ancrage», a-t-il ajouté.

La FCFA a aussi demandé de rencontrer le plus rapidement possible le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, pour lui affirmer que les communautés francophones et acadiennes soient impliquées dans l’accueil des demandeurs d’asile.

«Si les résultats sont déterminés par les communautés et que les stratégies pour obtenir ces résultats sont développées, imaginées et mises en place par ces communautés, le niveau de succès va aller au-delà des programmes qui sont conçus sans la participation des communautés», a conclu M. Johnson.

En juillet 2016, les premiers ministres des provinces et des territoires du pays ont adopté une cible d’immigration francophone à l’extérieur du Québec de 5%.

En 2016, 50% des ressortissants d’Haïti qui ont formulé une demande d’asile ont été refusés.