L’AFANB réclame plus que jamais le statu quo dans les services en santé     

Réunis samedi à Grand-Sault dans le cadre de leur assemblée générale annuelle, les membres de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick (AFANB) ont réitéré leur ferme opposition à la récente décision du gouvernement provincial de procéder à la privatisation de certains services de santé dans la province.

Après une longue discussion entre les délégués de l’assemblée, ceux-ci ont unanimement convenu que l’AFANB appuie le Réseau de santé Vitalité dans ses revendications et ses démarches visant à maintenir sa gestion et prestation de programmes tels que l’extra-mural et de soutien à domicile.

Les délégués présents à la rencontre ont également mandaté l’organisme pour réclamer au gouvernement du Nouveau-Brunswick le maintien du statu quo après cette récente annonce de privatisation de certains services de santé.

Rappelons que le gouvernement provincial a annoncé son intention de regrouper les services d’Ambulance NB, du Programme extra-mural ainsi ceux que de Télé-Soins 811 et de les confier à un nouvel organisme de services publics qui sera géré par Services de santé Medavie Nouveau-Brunswick.

L’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick est d’avis qu’une telle décision va engendrer une détérioration des services aux francophones de la province.

«Si on veut travailler sur le phénomène du vieillissement, il faut s’inquiéter de cette entente», a indiqué Jean-Luc Bélanger, directeur général de l’AFANB, dans le cadre de l’assemblée générale annuelle.

L’organisme maintient que Médavie n’a pas rempli ses obligations linguistiques avec Ambulance NB et que la nouvelle entente ne touche pas l’implication des différentes communautés de la province.

Les dirigeants de l’AFANB se disent également préoccupés de l’entente de

230 millions $ conclue entre le fédéral et le Nouveau-Brunswick afin d’améliorer les programmes de soutien à domicile et de santé mentale.

L’organisme dédié au mieux-être des francophones de 50 ans et plus estime qu’il existe peu de détails concernant cette entente et il entend exiger une rencontre avec le premier ministre Gallant ainsi qu’avec le chef de l’opposition officielle à ce sujet.

«On ne sait toujours pas comment le gouvernement du Nouveau-Brunswick va dépenser cet argent», a expliqué Jean-Luc Bélanger.

D’autres discussions ont également porté sur le rôle du défenseur des enfants, de la jeunesse et des aînés.

Selon l’AFANB, il peut être parfois difficile pour un aîné de déposer une plainte ou encore de connaître l’étendue des services offerts par le nouvel officier de l’Assemblée législative.

Peu d’informations étant disponibles, l’organisme estime qu’il y a lieu de développer une campagne de promotion au sujet du défenseur.

Assemblée générale annuelle

Un peu plus d’une centaine de personnes ont participé à cette assemblée générale annuelle de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, qui s’est ouverte par un mot de bienvenu de la part de Lisa Harris, la ministre responsable des Aînés et des Soins de longue durée.

Mme Harris s’est dite persuadée de voir le gouvernement actuel continuer à collaborer avec l’organisme.

«Je sais que le groupe de travail s’est réuni pour étudier la question des services dans la langue de son choix dans les foyers de soin. Il reste encore du travail à faire, mais je suis convaincue que nous allons pouvoir déterminer la meilleure façon de faire avancer ce dossier», a indiqué la ministre aux participants.

D’entrée de jeux, la présidente de l’AFANB, Solange Haché, a fait part de l’intention de son organisme de se mettre davantage en valeur.

«Il faut faire connaître un peu plus l’association, elle n’est malheureusement pas connue dans les communautés francophones», a laissé tomber Mme Haché.

Des propos que partage d’emblée Roland Galland, le président de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada.

«L’AFANB est dynamique, mais on ne parvient pas à aller chercher tous les aînés francophones du Nouveau-Brunswick et à les convaincre de devenir membres de cette organisation qui est la seule à défendre les droits des aînés», a souligné le Néo-Brunswickois d’origine.

Jean-Luc Bélanger a profité de la rencontre pour confirmer aux délégués son départ imminent en tant que directeur général de l’AFANB.

«C’est le temps après 13 ans de trouver de la relève, même s’il y a de l’avenir dans nos ressources. Je serai cependant toujours disponible pour l’avancement des aînés, mon engagement est encore là», a expliqué M. Bélanger, qui a eu droit à un bel hommage de la part des participants à la rencontre. n

Deux lauréats du prix Willie-Lirette

Comme le veut la tradition depuis 2005, l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick a profité de la présentation de son assemblée générale annuelle afin de remettre son prix Willie-Lirette.

C’est le tandem formé de Jean-Louis Gervais et Lionel Arsenault qui a été honoré par l’organisme qui veut ainsi reconnaître le travail exemplaire de ses membres et les nombreux services qu’ils rendent à la société.

Le duo originaire de la région de Grand-Sault a été salué pour sa  contribution à la promotion de la culture acadienne ainsi qu’à celle des aînés.

L’AFANB a tenu à souligner l’implication qui dure depuis plusieurs années de e ces deux universitaires, et ce, dans différents organismes et activités communautaires.

Ingénieur civil de formation Lionel Arsenault a fait carrière dans le secteur agricole, alors que Jean-Louis Gervais a œuvré en éducation dans le secteur public.

Tous deux ont participé au fil des ans aux activités de la Société culturelle régionale Les Chutes, du comité des Jeux de l’Acadie des 50 +, du club de ski Kahoutek de Grand-Sault et du Comité régional de la véloroute du Haut-Saint-Jean.

Artiste-peintre à ses heures, Lionel Arsenault a également contribué à l’organisation du CMA 2014 et aux célébrations de la Fête de l’Acadie en plus de donner un coup de pouce à la construction de l’Auditorium Richelieu et du Centre E. & P. Sénéchal de Grand-Sault.

Jean-Louis Gervais a pour sa part plusieurs nouvelles littéraires qui ont écrit reçu un bel accueil

Son premier recueil Mortelle confession s’est retrouvé finaliste au prix des Jeunes lecteurs de Radio-Canada en 2009, alors que son Sucré-Poivré a été retenu parmi les cinq finalistes du Prix France-Acadie en 2013.

Ironie du sort, c’est Lionel Arsenault qui a proposé la candidature de Jean-Louis Gervais au prix Willie-Lirette qui a fait de même avec son ami devenu également lauréat, et ce, dans un échange qui n’était nullement planifié.

Tous deux ont indiqué à l’Acadie Nouvelle que c’est leur comparse qui méritait véritablement le prix.