Ouragan Irma: une équipe de Néguac à la rescousse des Floridiens

Pendant que la majorité de la population de la Floride tentait de fuir Irma, l’équipe de K&M Utility Lines, de Néguac, fonçait vers l’ouragan.

Près de 70 monteurs de ligne de la Péninsule acadienne ont pris la route en direction de la Floride, jeudi dernier, pour être en mesure de porter main forte le plus rapidement en aidant à rebrancher des millions d’Américains affectés par le phénomène météorologique.

Irma, alors un ouragan de catégorie 4, a balayé la Floride avec des vents soufflant à près de 210 km/h dimanche matin.

La tempête a ravagé la Floride d’un bout à l’autre, des Keys au sud jusqu’à la frontière avec la Géorgie dans le nord, et de la côte de l’Atlantique jusqu’au golfe du Mexique.

Des maisons ont été inondées, des arbres gigantesques déracinés, des grues renversées et des poteaux électriques fracassés. Des bateaux ont été projetés sur les rives comme s’il s’agissait de simples jouets.

Plus de 6,2 millions de personnes étaient privées d’électricité et 220 000 sinistrés avaient trouvé refuge dans des abris. Les responsables ont prévenu qu’il faudra plusieurs semaines avant que la situation ne soit rentrée dans l’ordre.

Lundi matin, Irma avait été rétrogradée à une tempête tropicale. Ses vents soufflaient toujours à 110 km/h. C’est dans ce contexte que l’équipe de Kenneth Kenny roulait vers Tampa Bay, à plus de 3000 km de Néguac. Il était près de Savannah en Georgie quand l’Acadie Nouvelle lui a parlé lundi après-midi.

«C’est une mauvaise tempête! Il ne fait pas beau tout de suite, je ne peux même pas imaginer ce qui s’est passé hier soir en Floride», a confié Kenneth, constatant la destruction sur sa route.

Comparativement à la crise du verglas qu’a vécu l’hiver dernier la Péninsule acadienne, un ouragan de la force d’Irma laisse dans son sillage une plus grande dévastation. Des maisons sont anéanties et plusieurs routes sont impraticables.

«Il y a beaucoup plus de destruction ici et il y a beaucoup d’inondations. C’est différent, tu ne peux pas te rendre nulle part. Les chemins sont tous bloqués. Il y a des arbres et des poteaux électriques dans les chemins. En plus, les routes sont inondées», a expliqué le monteur de ligne alors qu’on pouvait entendre la pluie et le vent s’abattant sur son véhicule de l’autre côté de la ligne téléphonique.

«Au Nouveau-Brunswick, on travaille pour 50 000 personnes, ici, c’est plus de 5 millions. C’est plus vaste», a-t-il ajouté.

Chose certaine, le convoi de camions de K&M Utility Lines se fait remarquer sur les routes des États-Unis.

«Depuis que nous sommes partis, tout le monde nous remercie parce que nous venons du Canada pour les aider. Les gens sont très amicaux et apprécient que nous soyons-là».

L’entreprise de Néguac dirigée par le père de Kenneth, Jean-Guy, se rend dans des zones dévastées par d’importantes tempêtes depuis 1997 afin d’y rétablir le courant, de Montréal à Baltimore dans l’État du Maryland en passant par le pays des Cajuns.

«On a été une fois en Lousiane pour 32 jours. On a été au Texas… On en a fait pas mal», a précisé Jean-Guy.

Irma a fracassé plusieurs records, dont celui des vents les plus forts (297 km/h) pour un ouragan né dans l’Atlantique. C’est aussi le premier ouragan de catégorie 5 à avoir frappé Cuba en près de 100 ans.

– Avec des extraits de La Presse canadienne