Une centaine d’étudiants en moins au CCNB

Une centaine d’étudiants en moins fréquenteront le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick cette année. L’établissement d’enseignement postsecondaire fait face au déclin démographique de la province et à une forte concurrence dans les centres urbains.

Les chiffres ne sont pas encore finaux, mais le CCNB s’attend d’avoir 1750 étudiants qui fréquentent l’un de ses cinq campus durant cette année collégiale, dont 190 étudiants internationaux. Les inscriptions, au finale, pourraient être plus nombreuses puisqu’il est possible de s’inscrire jusqu’au 22 septembre et que les statistiques prennent du temps à être compilées.

En tenant compte des inscriptions de 2016, il pourrait y avoir 170 étudiants en moins suivant un programme au CCNB. C’est l’équivalent d’une fois et demie la population estudiantine du campus de la Péninsule acadienne.

«L’année dernière, on a fini avec 1921 étudiants, approximativement. C’est ce qu’on vise encore cette année. Il faut savoir qu’il y a une décroissance dans la population étudiante. Alors notre objectif est d’aller en chercher plus chez les adultes et à l’international», a expliqué Sylvio Boudreau, premier vice-président et secrétaire général du CCNB.

Il serait possible d’aller chercher 200 autres inscriptions provenant de l’international, mais pour plusieurs de ces étudiants il est difficile d’obtenir un visa d’étude pour quitter leur pays à temps.

«Quand il y en a 100 qui font la demande, il n’y en a que 10 environ qui peuvent venir. Alors, sur quoi on travaille, c’est de faire rentrer ces gens-là en janvier», a précisé M. Boudreau.

Certains programmes du CCNB, comme le cours de navigation dans la Péninsule acadienne, ne commencent qu’en novembre. Une vingtaine d’autres étudiants pourraient donc s’ajouter aux 107 qui fréquentent ce campus.

À son campus de Bathurst, le CCNB s’attend d’avoir une fréquentation similaire à l’année dernière avec 480 étudiants. À Campbellton, ils devraient être environ 300 et à Edmundston, 330. C’est à Dieppe où le bât blesse. On compte pour le moment 550 inscriptions en 2017 comparativement à 630 en 2016.

«C’est toujours un défi dans la région de Moncton. Il y a le collège Oulton, les autres collèges et les universités. C’est là où il y a la compétition la plus forte, mais c’est aussi là qu’il y a la plus forte augmentation de la population francophone», a indiqué M. Boudreau.

La baisse démographique dans les régions autres régions francophones de la province est un autre grand défi auquel fait face le CCNB. En plus de recruter davantage à l’international, l’établissement accueille aussi plus d’adultes dans ses classes.

«C’est vraiment notre grand défi de compenser la baisse démographique dans les écoles et des gens qui finissent leur 12e année. On compense souvent en allant chercher plus dans les adultes. Environ 74% de notre clientèle sont des adultes maintenant. C’est étonnant».

Par ailleurs, 440 étudiants inscrits au CCNB se sont prévalus du Programme des droits de scolarité gratuits du gouvernement provincial.

Le CCNB fait face au déclin démographique de la province et à une forte concurrence dans les centres urbains. – Acadie Nouvelle: Patrick Lacelle

Dans un contexte où les gens se tournent vers YouTube pour apprendre à réparer leur ordinateur, le CCNB compte s’adapter et être plus flexible dans sa façon d’offrir des cours.

De plus en plus d’étudiants au CCNB sont des adultes qui ont une famille et des enfants. Ils combinent leurs études avec le travail. Souvent, ils ont recours aux études à temps partiel et perdent ainsi un précieux financement. En leur permettant de suivre une partie de leur cours en ligne quand le temps leur permet, le CCNB espère offrir une plus grande flexibilité.

«Les gens apprennent de plus en plus en ligne.Notre objectif sera de permettre aux gens de faire un apprentissage hybride. On va pouvoir les former en ligne en plus de suivre des cours. En passant par le collège, ils seront crédités pour leur cours et ils pourront obtenir un diplôme», a souligné Sylvio Boudreau, premier vice-président et secrétaire général du CCNB.

Par ailleurs, les programmes de formation liés à la programmation informatique ou aux nouvelles technologies sont de moins en moins populaires. Les étudiants optent pour apprendre des métiers plus traditionnels comme la soudure, la charpenterie et la mécanique automobile.

«Les gens prennent leur retraite. Au Canada, ils disent qu’il manquera 200 000 ouvriers d’ici 2021 en construction. Même en formant plus de gens, il va quand même en manquer parce qu’il y a beaucoup de retraites qui s’en viennent. Il y a donc un intérêt de revenir vers ces métiers-là», a expliqué M. Boudreau.

Le CCNB compte mieux vendre des programmes comme celui de Télécommunication en services d’urgence (911) où il y a de l’emploi, selon M. Boudreau.