Fin du transfert des routes privées: la colère gronde à Tracadie

L’abolition d’un programme visant à financer des travaux pour mettre à niveau les rues privées pour ensuite les incorporer au réseau public de Tracadie met en colère des résidants. Le maire Denis Losier réplique qu’entretenir les rues privées coûterait trop cher.

La rue privée pour aller chez Louis-Paul Brideau à Tracadie est en terre. Son voisin et propriétaire de la rue, Jean-Guy Fournier, a payé plusieurs milliers de dollars de sa poche pour faire creuser des fossés.

M. Fournier refuse de parler aux médias, car le dossier le met en colère. Comme d’autres propriétaires, il s’était fait promettre de l’argent par l’ancienne administration de Tracadie pour mettre sa rue à niveau et l’asphalter.

Lundi soir au conseil municipal, les élus ont voté à l’unanimité pour mettre fin à un projet-pilote de transfert des routes privées à la Ville, qui touchait 11 rues.

«Ça nous met en colère. On paye des taxes pour rien du tout», affirme Louis-Paul Brideau. Selon lui, les anciens DSL n’ont pas reçu leur juste part depuis la fusion en 2014.

«Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse? Je vais peut-être bien mettre ma maison en vente. La Ville nous dit qu’elle n’a pas d’argent. Mais pour faire des chapiteaux, ça ils en ont», lance-t-il.

Quatre maisons ont été construites sur cette rue. Il manque de lampadaires et ce n’est pas la Ville qui collecte les déchets, mais une entreprise privée. Et, surtout, il n’y a pas de borne-fontaine.

«Que va-t-il se passer si il y a un feu ?», s’inquiète Louis-Paul Brideau.

En face de chez lui, on aperçoit des jouets pour enfants devant une maison.

Entretien trop coûteux

En conseil municipal, le maire a souligné qu’il y a 167 routes privées pour 200 maisons sur le territoire de Tracadie. Certaines sont en très mauvais état.

«Ce n’est pas de gaieté de coeur qu’on prend cette décision, mais c’est en étant conscient de nos moyens financiers», a dit le maire Denis Losier lors du conseil.

Il affirme qu’une étude réalisée par une firme d’ingénieurs estime à plus de 30 millions $ le coût d’entretien de ces routes sur une période d’une quinzaine d’années.

Où ira l’argent reçu?

La Ville a déjà reçu de l’argent du programme de transfert de routes privées qu’elle vient d’abolir. Le projet-pilote était financé par un retour de la taxe sur l’essence du gouvernement fédéral.

La question est donc de savoir ce qu’il adviendra de ces fonds qui n’ont pas été utilisés et qui dorment dans les coffres. Le maire n’a pas été en mesure de dire combien d’argent Tracadie avait reçu du fédéral.

Une partie de l’argent a d’ailleurs été utilisée pour autre chose que les routes privées.

Une résolution votée par le conseil en juillet montre que 500 000$ ont été transférés pour prolonger le système d’égouts et d’aqueduc sur le chemin de Rivière-à-la-Truite.