Un vent de renouveau souffle sur les coopératives de la Péninsule

Travaux, réouvertures, ventes de bâtiments… Un vent de changements souffle sur bon nombre de coopératives et épiceries de la Péninsule acadienne. But de ces opérations: rester compétitif.

Caraquet: Depuis lundi, la coopérative de Caraquet a une nouvelle directrice générale. Christine Robichaud était auparavant la responsable du magasin Coop IGA Extra du boulevard Saint-Pierre Est.

Elle succède à Carl Desjardins qui quittera le Nord-Est à la fin de son contrat, en novembre. Embauché en 2015, il avait pour mission de redresser les finances d’une coop qui était, à l’époque, en difficulté.

«Ça n’a pas été facile. Le conseil d’administration et moi-même avons dû prendre des décisions impopulaires, mais nécessaires (en 2016, la coopérative de Caraquet a fermé quatre magasins, NDLR). Les magasins IGA au Québec affichent une augmentation des ventes de 0%. À Caraquet, nos hausses sont de 3% à 4%, et ce, pour la deuxième année consécutive. Notre productivité et notre rendement sont meilleurs», déclare Carl Desjardins.

Pendant des mois, la Coop a dû supporter les coûts de deux bâtiments fermés et mis en vente: l’ancienne épicerie du boulevard Saint-Pierre Ouest et l’ancienne quincaillerie BMR située sur la même voie. Le premier a été cédé en février; et récemment, un entrepreneur s’est manifesté pour acquérir le second.

«On a reçu une offre d’achat sérieuse, il y a quelques semaines», confie le DG en partance.

La proposition sera présentée aux membres mercredi soir, lors d’une assemblée extraordinaire organisée au Centre culturel de Caraquet.

«Nous aurions pu conclure la vente sans leur accord, mais par souci de transparence, nous la leur soumettons.»

Tracadie: La coopérative régionale de la Baie, à Tracadie, est en plein renouveau. Elle a entamé l’année dernière des travaux de 11 millions$.

La station-service Coop-Express a été déménagée de quelques mètres, dans l’ancien dépanneur Needs. L’agrandissement et la modernisation du magasin seront lancés en 2018. Cette cure de jouvence terminée, le commerce s’affichera sous la bannière IGA. Les responsables retrouvent le sourire.

«Le retour à la stabilité s’en vient. Notre situation s’améliore», nous confiait, cet été, le directeur général, Paul Lanteigne.

En mars 2016, le déficit de la Coop s’élevait à près de 354 000$; en juillet, il était de 84 600$.

Saint-Léolin: Le village aura bientôt une nouvelle épicerie. La précédente, gérée par la Coop de Caraquet, avait fermé ses portes dans un climat houleux en mai 2016.

Un couple domicilié à Sainte-Rose s’apprête à se lancer en affaires.

«Les travaux vont bien. On est quasiment à la fin du chantier. Notre équipe est constituée à 90%», renseigne Rino Losier.

Son commerce sera pourvu d’un poste d’essence et d’un rayon viande. Pas de date d’ouverture planifiée: «Ce serait spéculer», dit le propriétaire.

Lui et sa compagne, Chantal Roy, espèrent accueillir leurs premiers clients au mieux dans quelques semaines, au plus loin d’ici la fin de l’année.

«Nous sommes en attente de permis. C’est entre les mains des bureaucrates. Ouvrir le plus rapidement possible est ce qu’on souhaite.»

Maisonnette: Le mois prochain, cela fera six mois que le commerce Marché de Maisonnette est en activité. Une réjouissance pour les villageois qui ont été privés de point de vente pendant près d’un an, à la suite du couperet décidé par la coopérative de Caraquet.

«Je n’ai que des bons commentaires. Les gens soulignent la propreté des lieux. Moi-même, j’y suis allée en tant que cliente. L’accueil est chaleureux et il y a une belle variété de produits», observe la mairesse, Viviane Baldwin.

Depuis le 1er septembre, les sacs plastiques ne sont plus distribués aux caisses. En prévision, la mairie a donné à ses administrés 750 sacs réutilisables. Gabriel LeBreton, le propriétaire, est satisfait de ce démarrage.

«On se sent soutenu par la population. On a des clients d’Anse-Bleue et de Village-Poirier qui viennent aussi magasiner chez nous. La saison estivale a été achalandée avec les touristes. C’est encourageant, mais il est encore trop tôt pour dire que nous avons atteint notre vitesse de croisière. Nous n’en sommes qu’à nos balbutiements. Prochainement, on va compléter notre rayon viande pour offrir un service de découpe», fait-il savoir.

Les clients sont agréablement surpris par les prix.

«Ce n’est pas plus cher qu’ailleurs et il y a souvent des promotions», constate Viviane Baldwin.

«Certains font le pari de vendre plus cher pour réussir. Je préfère vendre plus pour faire des profits», répond Gabriel LeBreton.

Paquetville: Le secteur de l’alimentation est un domaine très concurrentiel. Y compris dans un territoire comme la Péninsule acadienne. Face aux changements et aux évolutions que connaissent ses compétiteurs, la coopérative de Paquetville ne reste pas inactive et s’adapte aux lois du marché.

Le gérant du magasin implanté près de l’église, Jacques Vienneau, révèle que d’importantes annonces vont être faites dans un mois.

Le responsable refuse d’en dire plus. Il assure qu’il s’agira de «changements profitables à la communauté». Agrandissement? Travaux de rénovation? Nouveaux services? La réponse prochainement.