Prolongement de la route 11: pas d’engagement de Brian Gallant

À près d’un an des élections, la pression est forte dans le nord de la province pour tenter de convaincre le gouvernement du Nouveau-Brunswick de prolonger la route 11. Le premier ministre Brian Gallant refuse toutefois de s’engager sur ce dossier.

Le premier ministre était de passage dans la Péninsule acadienne, mercredi. M. Gallant a rencontré, dans une salle à Bertrand, plusieurs dizaines de maires, de conseillers municipaux et de représentants de DSL de la Péninsule acadienne ainsi que de la région Chaleur. Il désirait en savoir plus sur les priorités de la région.

Pour certains, cette rencontre a été l’occasion de parler du dossier de la route 11. Des maires avaient effectué une sortie dans les médias la semaine dernière afin de réclamer le prolongement de la route 11, entre Bertrand et Janeville.

«Il faut améliorer le transport des marchandises dans nos régions, c’est une de nos priorités au niveau de l’économie», a lancé au premier ministre la Directrice générale de la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne, Mélanie Thibodeau.

Dans une mêlée de presse avec les journalistes, M. Gallant a brièvement indiqué qu’il gardait la porte ouverte, mais que son gouvernement avait déjà beaucoup fait pour la région.

«Il y a une ouverture bien sûr, mais à la fin de la journée, nous avons déjà investi des millions et des millions et des millions de dollars dans la région. Il faut prendre ça en compte quand des recommandations sont faites», a déclaré le premier ministre.

M. Gallant a énuméré les investissements que son gouvernement a déjà faits dans le nord de la province. Il a notamment cité l’agrandissement de l’Hôpital régional Chaleur, l’expansion de l’aéroport de Bathurst et le projet entre le campus de Shippagan de l’Université de Moncton et le CCNB.

Des appuis pour les maires

Ils sont une vingtaine de maires et une trentaine de DSL de la région à réclamer le prolongement de la route 11.

Le député libéral de Caraquet, Hédard Albert, appuie leur démarche. Il compte défendre le prolongement dans les discussions que le gouvernement Gallant aura à ce sujet.

«Je suis d’accord avec les maires. On devrait commencer à faire la planification maintenant»  a-t-il dit en entrevue avec l’Acadie Nouvelle, en marge de la rencontre.

M. Albert ajoute que la construction d’une route prend plusieurs années, qu’elle comprend plusieurs étapes et qu’il vaudrait mieux commencer les démarches maintenant.

Le député fédéral libéral Serge Cormier mettra aussi l’épaule à la roue pour que le projet se concrétise.

En marge d’une annonce mercredi matin à Caraquet, il a indiqué à l’Acadie Nouvelle que ce prolongement est «très important pour notre développement économique, social et culturel».

Le député d’Acadie-Bathurst a rencontré les Commission de services régionaux avec le ministre des Pêches, Dominic LeBlanc. «Ils nous ont dit que la route 11 était leur priorité», souligne Serge Cormier.

«Nous sommes prêts à collaborer avec eux pour avoir des discussions avec la province et notre gouvernement à Ottawa pour voir si nous pouvons aller chercher des fonds, pour que le projet devienne réalité», ajoute-t-il.

Privatisation d’extra-mural critiquée

Plusieurs ont profité du passage du premier ministre dans la Péninsule pour critiquer la privatisation de la gestion du programme extra-mural.

Une résidante du DSL de Dugas a livré un témoignage à Brian Gallant pour lui demander de reculer sur cette décision.

«J’ai eu besoin d’eux cet hiver parce que je me suis fait opérer à une jambe. Des physiothérapeutes sont venus chez nous et ça m’a aidé à guérir. Plus vite, parce que je n’aurais pas fait les efforts qu’ils m’ont fait faire à cause de la douleur», a raconté Irène Dugas.

Le premier ministre a ensuite précisé que le service de soin à domicile continuerait de fonctionner malgré la privatisation et que le changement concernait seulement la gestion.

Le président-directeur général du Réseau de santé Vitalité avait affirmé dans les médias plus tôt en septembre qu’il craignait une détérioration des services à cause de la privatisation.