Les élus de Moncton ont décidé lundi soir de ne pas reprendre la fluoration de son réservoir d’eau potable.

En 2011, Moncton avait pris la décision d’éliminer le fluorure dans l’eau. Ce moratoire de cinq ans prenait fin en décembre 2016.

La municipalité maintiendra finalement le statu quo jusqu’à ce qu’une directive contraire soit imposée par le gouvernement provincial ou le gouvernement fédéral. Six des neuf conseillers présents se sont prononcés contre le retour de la fluoration.

La question de la fluoration de l’eau divisait depuis plusieurs mois. Pour les uns, la fluoration de l’eau potable municipale permet d’éviter les caries. Pour les autres, l’excès de fluor dans l’eau aurait des effets nocifs sur la santé.

Le sujet a été débattu devant le conseil l’hiver dernier, mais les conseillers ont reporté leur décision jusqu’à aujourd’hui estimant que davantage de recherches devraient être menées.

La mairesse Dawn Arnold a ajouté sa voix aux partisans du statu quo.

«Nous devons être capables de prouver sans l’ombre d’un doute que nous ne causons aucun tort.»

Selon elle, la consommation accrue de sucreries et de boissons sucrées pourrait tout autant être responsable de l’augmentation des caries.

«Nous n’en savons pas assez pour prendre cette décision, il y a simplement trop de questions sans réponses et il n’y a pas un consensus scientifique suffisant et constant», insiste Dawn Arnold.

Le conseiller Blair Lawrence juge également que les études actuelles comportent certaines failles ou insuffisances.

«La recherche n’est pas encore là pour le moment», dit-il.

De son côté, le conseiller Robert McKee note que les deux camps ont appuyé leurs arguments de nombreuses données scientifiques. Il estime cependant que Moncton devrait suivre les recommandations de Santé Canada et du bureau de la Santé publique du Nouveau-Brunswick qui appuient la fluoration.

«Ce sont eux les experts et je suggère que nous suivions leurs positions», déclare-t-il.

Le conseiller Pierre Boudreau s’y oppose,et appelle la municipalité à se ranger derrière le principe de précaution.

«Les gouvernements fédéral et provincial doivent fournir à la Ville de Moncton un rapport d’expert qui recommande clairement la fluoration, en ayant mesuré son efficacité et les effets secondaires.»

«Parce que le doute existe, je ne peux pas appuyer la fluoration de l’eau, a renchéri la conseillère Paulette Thériault. On n’est pas des chercheurs, on n’est pas des scientifiques, mais on a quand même une responsabilité envers nos citoyens.»

À la sortie du conseil, la Dre Suzanne Drapeau-McNally, vice-présidente de la Société dentaire du Nouveau-Brunswick, se dit «déçue» et «surprise» de la décision des élus.

La Dre Suzanne Drapeau-McNally estime que la fluoration de l’eau est un moyen efficace et économique de lutter contre les caries dentaires. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

L’ajout de fluorure dans l’eau coûterait environ 70 000$ par an à la municipalité. Drapeau-McNally souhaite que ce montant soit investi dans des programmes de sensibilisation à l’hygiène dentaire.

À noter que la décision de lundi concerne également les citoyens de Dieppe et Riverview dont l’eau potable est fournie par la Ville de Moncton. Les élus de Dieppe ne se sont pas positionnés pour ou contre, mais ont demandé à Ottawa de mener une étude pancanadienne sur ce dossier complexe et sensible.

Au Nouveau-Brunswick, seule la Ville d’Oromocto ajoute du fluorure à son eau potable.

 

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