U de M: la chute du nombre d’étudiants internationaux se poursuit

Le nombre d’inscriptions se stabilise à l’Université de Moncton, après avoir diminué pendant des années. Mais derrière cette bonne nouvelle se cache un défi, alors que se poursuit la chute du nombre d’étudiants internationaux.

Des données publiées mardi par l’U de M révèlent que 4208 étudiants étaient inscrits le 18 septembre. C’est deux de plus qu’à pareille date (à un jour près) l’année dernière.

Les nouvelles inscriptions ont fait un bond de 11%, tandis que celles de diplômés des écoles secondaires francophones du Nouveau-Brunswick ont augmenté de 13,5%. Le nombre d’étudiants canadiens a connu une croissance de 2,2%.

Les campus du Nord ont de quoi célébrer. À Edmundston, on assiste à une très faible hausse du nombre d’inscriptions (0,5%), mais la cohorte a fait un bond de 10,4% à Shippagan. Au campus de Moncton, l’inverse se produit, avec un recul de 0,9%.

Dans le communiqué de presse accompagnant ces données, le recteur se félicite de ces indicateurs positifs.

«Les stratégies adoptées ces dernières années ont porté leur fruit. La cohorte qui entame des études cet automne est plus grande que celle de l’année dernière, ce qui représente une bonne nouvelle pour l’Université de Moncton», dit Raymond Théberge.

Le directeur général de la gestion stratégique de l’effectif étudiant, Jean-Paul Loyer, voit lui aussi la situation actuelle d’un bon oeil.

«Le panorama général, sincèrement, est positif. Quand on parle de l’augmentation des nouvelles inscriptions, c’est ce qui ressort le plus fort», dit-il en entrevue téléphonique.

Il note que la hausse du nombre total d’étudiants est minime, mais elle lui plait tout de même énormément.

«On dira que ce n’est pas beaucoup, deux étudiants de plus, mais au moins ça nous permet de ne pas être dans le négatif et c’est ce qu’on attendait depuis longtemps à l’Université de Moncton.»

Étudiants internationaux: la baisse se poursuit

En dessous de ce vernis se trouve une nouvelle plus inquiétante pour l’avenir de l’U de M; de moins en moins d’étudiants internationaux choisissent de venir y chercher une formation.

Cette année, leur nombre a chuté de 74, ce qui représente une baisse de 9,6%. Depuis deux ans, le nombre d’étudiants internationaux a diminué de 16,6%.
Jean-Paul Loyer ne nie pas cette baisse, qu’il attribue à plusieurs facteurs hors du contrôle de l’Université de Moncton.

«Il y a eu différentes variables dans les dernières années, c’est-à-dire qu’il y a eu des problèmes sanitaires par exemple avec l’Ebola en Afrique, il y a eu des crises politiques et il y aussi de la compétition (de la part d’autres universités).»

Il ajoute cependant qu’il y a une lueur d’espoir à l’horizon; le nombre de nouvelles inscriptions d’étudiants internationaux est demeuré très stable. Cette année, il est de 156, soit seulement trois de moins que l’année dernière.

«On est à trois étudiants près. On voit que le balancier commence à retourner, on commence à remonter la pente. Donc l’année prochaine, on est très très confiants qu’on va être dans le positif au niveau des nouvelles inscriptions (d’étudiants internationaux).»

Étudiants internationaux: la baisse inquiète la FÉÉCUM

Le président de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Tristian Gaudet, dit accueillir favorablement l’augmentation du nombre d’étudiants canadiens.

Il se dit cependant moins enthousiasmé de voir que la chute du nombre d’étudiants internationaux se poursuit encore cette année.

«Du côté des étudiants internationaux, de voir une baisse importante, c’est inquiétant. C’est quand même une baisse importante et cela nous inquiète», dit-il en entrevue téléphonique.

Lorsqu’on lui demande à quoi il attribue cette baisse, il croit avoir une partie de la réponse.

«C’est sûr qu’il faut toujours prendre en compte les frais de scolarité. Il ne faut pas qu’on se cache que c’est quand même extrêmement cher pour un étudiant international de venir étudier ici, à l’Université de Moncton. C’est définitivement un facteur.»

Pour l’année 2017-2018, les droits de scolarité des étudiants canadiens sont fixés à 5830$, tandis que ceux pour les étudiants internationaux ils sont de 10 685$, soit près du double.

Tristian Gaudet ajoute qu’il ne dispose pas de suffisamment d’informations pour spéculer sur d’autres facteurs, géopolitiques par exemple, qui peuvent entrer en ligne de compte.

L’Acadie Nouvelle a contacté le syndicat des bibliothécaires et des professeurs du campus de Moncton, (l’ABPPUM) ainsi que l’Association des étudiantes et étudiants internationaux du Campus universitaire de Moncton (l’AÉÉICUM) afin de recueillir leurs commentaires. Nos démarches n’ont cependant pas porté leurs fruits avant l’heure de tombée.