Deux ans moins un jour de prison pour un agresseur sexuel

Lévis Vienneau a été condamné à deux ans moins un jour d’incarcération, mercredi, en Cour provinciale de Bathurst, après avoir reconnu sa culpabilité à des agressions sexuelles commises contre deux frères mineurs, entre 1985 et 1992.

Ce terme signifie qu’il sera incarcéré dans un centre pénitencier provincial plutôt que fédéral. La juge Joanne Durette a suivi la recommandation commune du procureur de la Couronne et de l’avocat de la défense pour imposer sa sentence.

Le procès d’une durée de trois jours de l’homme âgé de 59 ans, devait commencer la veille.

Il a finalement décidé de plaider coupable aux six chefs d’accusations qui pesaient contre lui, pour des gestes à caractère sexuel commis  contre S.C., à l’âge de 3 à 10 ans et D.C., quand il avait entre 5 et 12 ans.

Les deux frères étaient régulièrement hébergés chez Lévis Vienneau, un oncle par alliance, alors que leur mère monoparentale était aux prises avec des problèmes de dépendances.

«L’accusé était en position de confiance et d’autorité envers les enfants. Il a pris avantage d’enfants vulnérables qui auraient dû se sentir en sécurité dans la maison où ils habitaient, pour assouvir ses instincts sexuels», a noté la magistrate comme facteur aggravant.

Les sévices, qui ont eu lieu à Allardville, se sont étalés sur plusieurs années. Ils ont cessé quand le père des garçons, qui vivait à Montréal, a obtenu leur garde.

Lévis Vienneau est un récidiviste. En 1986, il a reçu une amende de 300$ et une probation de deux ans pour agressions sexuelles.

Le condamné, qui a dit regretter les gestes posés, devra payer une amende compensatoire de 1200$ à sa sortie de prison. Il sera surveillé légalement pendant deux ans également. Lévis Vienneau ne devra pas être en présence de jeunes âgés de moins de 16 ans non accompagnés par un adulte.

D.C., qui a maintenant 37 ans, ne peut pas totalement crier victoire face au verdict.

«Comme d’habitude, c’est une sentence bonbon, mais il paye pour ce qu’il a fait. Nous en avions parlé avec notre mère, mais elle nous avait dit de nous taire. Il ne mérite pas de vivre. Ce n’est pas un être humain. Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est l’amour de mes enfants. Je vais tout faire pour que ces o**** de sales ne leur fassent pas la même chose» dit celui qui est père quatre fois.

C’est un long chemin pour S.C. qui a entrepris les démarches judiciaires il y a sept ans. L’élément déclencheur aura été la venue au monde de ses deux enfants. Il avait même peur de changer leurs couches.

«Ma plus grande satisfaction, c’est que j’ai été écouté aujourd’hui (mercredi) et qu’on ait pris en considération que ce que je disais était vrai. Pour moi, il faudrait qu’il reste en prison pour le restant de ses jours, mais au moins, il est attitré en tant que pédophile. En dénonçant, j’ai voulu protéger les autres enfants autour de lui. Je ne voulais pas qu’ils deviennent ses victimes. Il a donné une sentence à vie à mon frère et moi et la rage va tout le temps nous suivre», affirme-t-il.

Revenir au Nouveau-Brunswick ravive des mauvais souvenirs pour les victimes de Lévis Vienneau.