Le maire de Richibucto lance un ultimatum aux dirigeants d’Omera Shells. Il leur demande de suspendre leurs activités en attendant une solution permanente afin d’éliminer les odeurs, sans quoi il demandera au ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux d’imposer une fermeture temporaire.

Le maire Roger Doiron durcit le ton envers Omera Shells. Bien qu’il soit toujours en faveur de l’usine de séchage de coquilles de fruits de mer dans la ville, il ne l’est «pas à n’importe quel prix». Voilà pourquoi il encourage la nouvelle entreprise à cesser ses opérations en attendant que des solutions permanentes soient mises en place.

«Une fois qu’ils auront réglé leurs problèmes, ils rouvriront et ça devrait être beaucoup mieux qu’aujourd’hui. Je suis favorable à cette entreprise, mais pas au prix de mettre en jeu la qualité de vie des citoyens, des élèves, des enseignants et du personnel de l’école.»

Selon Roger Doiron, l’entreprise a déjà fait beaucoup de travail afin d’éliminer les odeurs. Elle a notamment creusé un nouveau puits d’eau afin de mieux diluer les résidus du processus de séchage.

Le maire a assisté à une réunion jeudi dernier à Fredericton en compagnie de Daniel Arsenault, administrateur chez Omera Shells, de Serge Rousselle, ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, ainsi que de Bertrand LeBlanc, député de Kent-Nord.

«M. Arsenault leur a présenté des moyens afin de régler les problèmes de mauvaises odeurs. Là, je sais que ça prend des investissements, mais je ne m’en mêle pas. J’ai fait un bout de chemin pour les aider, mais ce projet-là ne peut pas s’installer à n’importe quel prix. Les citoyens n’ont pas à endurer ces odeurs-là si ça ne se règle pas.»

Les résidants du voisinage d’Omera Shells à Richibucto ont commencé à se plaindre d’odeurs nauséabondes en août. La gravité de la situation a monté d’un cran il y a deux semaines, lorsque les quelque 250 élèves de la maternelle à la 8e année de l’école Soleil-Levant, située à 200 mètres de l’usine, ont été forcés à passer leurs récréations à l’intérieur en raison des fortes odeurs.

Une série de mesures visant à éliminer les odeurs sont en cours. En plus d’avoir creusé un nouveau puits, l’usine s’est procuré un produit organique qui s’attaque aux particules odorantes. Elle a aussi limité ses opérations aux soirs et aux week-ends, c’est-à-dire en-dehors des heures de classe.

Omera Shells devait ouvrir ses portes en mars, mais le lancement a été reporté en raison du mauvais calibrage d’une importante pièce d’équipement livrée par un fournisseur américain.

L’usine a enfin commencé le séchage des coquilles de fruits de mer en juillet. Elle a cependant pris un certain temps à dépasser sa courbe d’apprentissage, période pendant laquelle des odeurs étaient perceptibles.

Dans les dernières semaines, un porte-parole d’Omera Shells a affirmé que l’usine avait besoin d’un système de réfrigération. Elle n’aurait cependant pas les moyens de s’en procurer un en raison des pertes encourues au printemps.

Selon un résidant du secteur, le problème n’est toujours pas réglé. Le voisin Yvon Bélanger affirme que de fortes odeurs ont envahi sa rue ce week-end. Les émanations ont été amplifiées par la vague de chaleur qui a traversé la région.

L’an dernier, le gouvernement provincial a offert une subvention de 440 000$ conditionnelle à la création d’emplois à Omera Shells après avoir mené une étude d’impact environnemental. Opportunité NB a aussi émis à l’usine de Richibucto un prêt à terme de 2,2 millions $.

L’Acadie Nouvelle a tenté, mais sans succès, d’obtenir des réactions des dirigeants d’Omera Shells avant l’heure de tombée.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle