Équité salariale: Brian Gallant mise sur la «collaboration» avec le privé

Le Nouveau-Brunswick oblige ses sociétés de la Couronne à adopter l’équité salariale, mais tarde encore à en exiger autant du secteur privé.

Le premier ministre Brian Gallant, qui est également le ministre responsable de l’Égalité des femmes, a annoncé jeudi que trois sociétés de la Couronne avaient atteint l’équité salariale.

Énergie NB, Alcool NB et le New Brunswick Community College ont complété les analyses et les ajustements salariaux nécessaires pour assurer qu’à valeur égale, les emplois occupés généralement par des femmes soient aussi bien rémunérés que les emplois typiquement masculins.

Selon la Loi sur l’équité salariale, toutes les sociétés de la Couronne qui comptent dix employés ou plus doivent compléter ce processus. Les quatre sociétés qui n’ont pas encore atteint l’équité salariale sont sur le point de le faire, selon M. Gallant.

«Nous avons fait de grands progrès en vue de la mise en oeuvre de l’équité salariale et nous sommes en voie d’assurer la conformité de toutes les sociétés de la Couronne provinciales admissibles d’ici mars 2018.»

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, Travail sécuritaire NB, la Commission des services financiers et des services aux consommateurs et la Commission des services d’aide juridique ont donc six mois pour compléter le processus.

«Améliorer l’équité salariale dans l’ensemble de l’appareil gouvernemental permettra de renforcer notre main-d’oeuvre et aidera à soutenir nos familles», a affirmé le premier ministre.

En campagne électorale, le Parti libéral avait promis de mettre en oeuvre la Loi sur l’équité salariale, y compris dans les sociétés de la Couronne.

Depuis, le gouvernement provincial a réalisé cinq analyses auprès de groupes d’employés à prédominance féminine dans la fonction publique dont les assistantes en éducation et les sténographes judiciaires. Les ajustements salariaux accordés sur 10 ans dépassent les 12 millions $.

Deux de ces groupes, les professionnels des sciences médicales (ex.: thérapeutes respiratoires, technologues de laboratoire médical) et les professionnels spécialisés en soins de santé (ex.: nutritionnistes, psychologues) ont cependant entamé un recours judiciaire contre le gouvernement le mois dernier parce qu’ils estiment que ces analyses n’ont pas été faites correctement.

Brian Gallant n’a pas souhaité commenter cette affaire puisqu’elle risque de se retrouver devant les tribunaux.

Les libéraux avaient également promis durant les élections «d’exiger des organismes ayant plus de 50 employés qui font affaire avec le gouvernement par les processus d’approvisionnement ou en lien avec des programmes de financement qu’ils établissent des plans d’équité salariale», ce qui n’a toujours pas été fait.

Lors de son annonce, jeudi, Brian Gallant a plutôt parlé de «collaboration» avec le secteur privé pour «favoriser» l’équité salariale.

«Nous appuyons totalement ce principe. La question c’est qu’elle est la meilleure façon de s’y rendre. Il faut encourager les entreprises, surtout les grandes parce qu’elles ont un grand pourcentage des employés», a-t-il dit.

La directrice générale de la Coalition pour l’équité salariale, Johanne Perron, souhaite que ces encouragements se transforment en actions concrètes avant la fin du premier mandat du gouvernement dans un an.

«L’éducation est certainement essentielle, mais ce n’est pas suffisant. Nous sommes convaincus que les mesures volontaires ne fonctionnent pas. C’est le temps de passer à l’action avec une véritable loi pour le secteur privé.»

Mme Perron espère notamment des avancées pour les employées des foyers de soins spécialisés, des maisons de transition et des résidences communautaires «qui ont été mises de côté durant longtemps» et qui gagnent entre 11$/heure et 14$/heure.