Jackie Vautour veut apporter des améliorations à sa résidence

Âgé de 88 ans, Jackie Vautour s’apprête à traverser un autre hiver dans sa petite maison dans le nord du Parc national de Kouchibouguac. Il demande au gouvernement fédéral de lui permettre d’améliorer sa résidence.

Dans une lettre envoyée au ministère de la Justice du Canada, l’avocat de Jackie Vautour, Michael Swinwood, demande au gouvernement fédéral d’autoriser des rénovations.

Me Swinwood rappelle que, par le passé, des agents de sécurité ont bloqué la livraison de matériaux de construction au site. Il demande au gouvernement fédéral de faire preuve de compassion.

«La structure dans laquelle ils habitent n’a pas d’eau, de chaleur ou d’électricité. Nous proposons de faire des rénovations modestes en vue d’améliorer la structure pour qu’elle ait une meilleure isolation et de la chaleur appropriée pour l’hiver.»

«C’est inhumain que l’on continue de bloquer des efforts pour améliorer les conditions de vie. J’espère que l’on puisse régler ce dossier sans aller devant les tribunaux.»

Depuis les années 1970, le gouvernement du Canada considère l’habitation de Jackie Vautour dans le parc national comme étant illégale.

En 2014, un groupe mené par le militant acadien Jean-Marie Nadeau a lancé une campagne visant à améliorer les conditions de vie de Jackie et Yvonne Vautour. Il avait trouvé une maison mobile pour le couple octogénaire, et avait des plans pour améliorer le site.

Les efforts se sont cependant heurtés à un mur quand Parcs Canada a annoncé qu’elle n’autoriserait pas les améliorations. Selon des témoins, une compagnie de sécurité de la Nouvelle-Écosse a été embauchée afin de prévenir que des travaux aient lieu.

À l’époque, une porte-parole de Parcs Canada avait expliqué à l’Acadie Nouvelle que l’agence considérait toujours comme illégale l’«occupation» de terrains du Parc national de Kouchibouguac par Jackie Vautour. Elle avait affirmé que l’organisme était prêt, pour des raisons humanitaires, à aider les Vautour à s’installer à l’extérieur du parc.

Cependant, rien n’indique que M. Vautour est prêt à déménager. Depuis 2014, il a continué d’affirmer sur la place publique qu’il mènera son combat jusqu’à son dernier souffle.

Mercredi, son fils Edmond a répété que rien n’avait changé.

«Vont-ils laisser du monde vivre dans une telle situation? Ils vont probablement dire qu’ils sont là illégalement. Mais si c’est illégal, pourquoi les laissent-ils vivre là? Et s’ils les laissent vivre là, pourquoi ne les laissent-ils pas vivre dans une meilleure situation? S’ils veulent les ignorer, qu’ils les laissent vivre comme du monde.»

Il ajoute que des actions légales pourraient être déposées contre le gouvernement fédéral s’il continue d’empêcher

M. Vautour d’apporter des améliorations à sa résidence.

Des rénovations ont eu lieu à la maison de Jackie Vautour en 2015 à l’insu de Parcs Canada. Un nouveau poêle, une nouvelle porte, de nouveaux planchers et de nouveaux murs ont été installés.

La structure de la résidence n’est toujours suffisamment isolée et elle n’a ni électricité ni eau courante.

Deux actions légales contre le gouvernement fédéral

Jackie Vautour demande la permission d’améliorer ses conditions de vie alors qu’il participe à deux actions légales contre le gouvernement fédéral.

D’abord, il poursuit Ottawa devant la Cour suprême du Canada, revendiquant des droits de chasse et de pêche métis. Le plus haut tribunal du pays décidera au cours des prochaines semaines s’il accepte d’entendre la cause de l’homme âgée de 88 ans.

De plus, il participe à la cause d’une centaine de familles qui réclame des titres métis sur le parc national Kouchibouguac. Le groupe allègue que l’expropriation des années 1970 était illégale en raison de leurs racines et de leurs droits métis.

Les deux causes sont défendues par l’avocat de Sages sans frontières, Michael Swinwood.