Au tour de Cap-Pelé de s’opposer à l’épandage du glyphosate

Après Moncton, Tracadie et Miscou, c’est au tour de Cap-Pelé de s’opposer à l’épandage du glyphosate sur les forêts de la province. Les élus demandent au gouvernement provincial de cesser cette pratique, du moins jusqu’à ce que les risques potentiels aient été écartés.

Une lettre signée de la main du maire à pris la route vers le bureau de Serge Rousselle, à Fredericton. Serge Léger invite le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux à écouter le nombre grandissant des opposants à l’arrosage de ce pesticide.

«[Nous nous opposons à] l’épandage du glyphosate par souci pour l’habitat naturel des chevreuils, des autres animaux sauvages ainsi que pour le public en général. Le Nouveau-Brunswick doit faire preuve de prudence.»

Le produit est utilisé au Nouveau-Brunswick par des membres de l’industrie forestière et Énergie NB, pour contrôler la végétation. Son épandage est controversé, puisque plusieurs personnes craignent qu’il soit cancérigène.

Il n’y a pas qu’au Canada que ce pesticide fait réagir. L’État de Californie a récemment mis cette mixture sur une liste de produits potentiellement cancérigène.

La décision a été applaudie par les environnementalistes du Nouveau-Brunswick.

Les autorités de la santé canadiennes semblent toutefois s’entendre sur la sécurité du pesticide.

En mai, Santé Canada a annoncé qu’il était «peu probable qu’il représente un risque de cancer pour les humains» et que l’ingestion de cet herbicide «ne devrait pas présenter de risque pour la santé humaine.»

Malgré l’avis des experts de ce ministère fédéral, la sécurité de ce pesticide continue d’être remise en cause, notamment par l’alliance Arrêtons l’arrosage Nouveau-Brunswick.

Le groupe a multiplié les moyens de pression au cours des derniers mois, notamment par le biais de manifestation publique et d’envois de pétition au gouvernement provincial.

Pas plus tard qu’en août, le groupe d’écologistes a demandé aux citoyens de signaler directement leur mécontentement auprès des travailleurs responsables de l’arrosage de ce pesticide controversé, sur les forêts de la province. Une tactique découragée par Énergie NB. En entrevue avec l’Acadie Nouvelle, un porte-parole de la société de la couronne a déconseillé à la population de s’approcher de ses activités d’arrosage pour assurer leur sécurité et celle de leurs employés.

Le maire de Cap-Pelé a signifié son appui au groupe.

Serge Léger invite maintenant le gouvernement provincial à faire un examen de conscience. La sécurité du public doit primer avant tout, dit-il.

«Il est de mise d’arrêter de s’en servir jusqu’à ce que les études confirment que ce produit est sécuritaire pour les animaux et pour les humains.»