Du «speed-dating» entre employeurs et chercheurs d’emplois

Dans l’air depuis un moment, le projet d’une foire de l’emploi destinée à pallier les besoins des entrepreneurs du Restigouche se concrétisera finalement le mois prochain.

Le président de la Chambre de commerce régionale de Campbellton (CCRC) le répète depuis des mois: il y a de l’emploi de disponible au Restigouche, il ne suffit qu’à chercher!

La région étant aux prises avec une population vieillissante, les départs à la retraite sont fréquents. Si l’on ajoute à cela le déclin démographique et un certain exode des jeunes, on se retrouve vite avec plusieurs postes à combler au sein de certaines entreprises.

«On savait que c’était une problématique, mais ça nous a frappés avec l’arrivée du nouveau magasin Hart au centre commercial Sugarloaf d’Atholville. Ils ont eu beaucoup de difficultés à pourvoir leurs postes, et encore aujourd’hui ils recherchent des candidats», exprime Régis Maltais.

Face à ce constat, la CCRC a jugé bon de mettre son grain de sel. En collaboration avec le centre d’emplois local, la CCRC tentera de jumeler employeurs et chercheurs d’emplois le temps d’un avant-midi afin de rendre la tâche plus facile à tous.

Pour cette première, la CCRC cible deux domaines bien spécifiques où sont les besoins les plus criants, le service à la clientèle et la vente au détail. Tim Hortons… Hart… Superstore… Ce ne sont pas les possibilités d’emplois qui manquent dans les secteurs visés.

«C’est vrai que ce ne sont pas toujours les emplois qui sont les plus attrayants au niveau financier, mais d’un côté on a des emplois qui doivent être comblés et de l’autre, on sait qu’il y a des gens aptes à faire le travail. Et nous, à la CCRC, on veut mettre notre monde au travail tout en permettant à nos entreprises de prospérer», dit-il.

Ce mini-salon de recrutement aura lieu le 7 novembre prochain au bureau du ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail (157, rue Water à Campbellton). L’activité prendra la forme d’un speed-dating où les participants pourront s’asseoir pendant cinq minutes avec les employeurs afin de leur permettre de déceler leurs atomes crochus. Chaque employeur devrait ainsi être en mesure de rencontrer une trentaine de candidats potentiels.

«On va réunir une partie de ces gens avec un maximum de 18 commerces de la région qui cherchent à combler de postes. Le but ultime, c’est de créer des matchs parfaits ou, à tout le moins, permettre un premier contact», indique M. Maltais.

Les bons candidats au bon endroit

Preuve de la pertinence de l’activité, déjà près d’une dizaine d’entreprises ont confirmé leur participation. Le Canadian Tire d’Atholville est l’une d’entre elles.

«Beaucoup de commerces de la région ont de la difficulté à recruter des candidats, et chacun pour des raisons différentes. Chez nous, le problème ce n’est pas tant le nombre de gens qui postulent, ça va même plutôt bien de ce côté. C’est plutôt de trouver le bon candidat, un candidat bilingue avec qui possède certaines connaissances sur ce que l’on fait, ce que l’on vend», explique le directeur du magasin, Patrick Burlock.

Ce dernier est persuadé que le salon de l’emploi sera une plateforme intéressante pour satisfaire ses besoins.

«Actuellement, sur 20 candidatures, je me retrouve souvent avec un seul bon prospect. Cette activité va sûrement nous donner l’occasion de rafraîchir notre banque de noms et même, on l’espère, rencontrer des gens qui boucheront les postes vacants actuels», ajoute-t-il.

Une autre foire à prévoir

S’il y a plusieurs ouvertures au niveau du service à la clientèle et de la vente au détail, les autres secteurs d’activités de l’emploi dans la région ne sont pas en reste.

À lui seul, le Réseau de santé Vitalité annonce en ce moment 44 emplois – infirmier, thérapeute, psychologue, pharmacien, etc. – de Dalhousie à Saint-Quentin, dont près des deux tiers sont des emplois à temps plein. Autre phénomène, plusieurs entreprises de la région se cherchent une succession.

«Et ça, c’est sans compter les besoins d’autres entreprises comme Zenabis par exemple qui aura bientôt des besoins à combler pour démarrer ses activités», souligne Régis Maltais.

Tout cela ensemble lui fait dire que ce premier mini-salon de l’emploi risque donc d’être un prélude à d’autres activités du genre. En fait, il anticipe déjà en fait un second salon, celui-là, plus gros et plus général, au printemps 2018.

«On a pensé faire quelque chose de plus gros, mais ç’aurait pris plus de temps pour l’organisation et le temps joue justement contre ces entrepreneurs du secteur du détail et du service à la clientèle. On veut être en mesure de leur venir en aide rapidement. Mais c’est dans nos plans de poursuivre dans cette voie», dit-il.