L’entente de libre-échange entre le Canada et l’Europe profite déjà à l’industrie du homard

Une vingtaine de journées se sont écoulées depuis l’entrée en vigueur de l’entente de libre-échange entre le Canada et l’Europe. L’industrie du homard des Provinces maritimes commence déjà à en ressentir les bienfaits.

Westmorland Fisheries vend une quantité de ses produits de homard en Europe depuis plusieurs années. Il y a un peu plus de deux semaines, ses fruits de la mer sont devenus plus accessibles aux consommateurs du Vieux Continent. Au cours des prochaines années, ils le seront encore plus.

Les premières mesures de l’entente de libre échange avec l’Europe, l’Accord économique et commercial global (AECG), sont entrées en vigueur le 21 septembre.
Du coup, le droit de douane de 8% sur le homard vivant a été éliminé. Des tarifs de 6% à 20% sur les produits transformés seront éliminés progressivement d’ici quatre ans.

«On voit ça comme une très bonne nouvelle. C’est un gros marché. On a vu des expériences semblables par le passé. Le Canada a signé une entente avec la Corée il y a trois ans, où tous les droits de douane ont été éliminés du jour au lendemain. Ç’a vraiment eu un impact important sur les volumes exportés du Canada», explique Nat Richard, de Westmorland Fisheries.

Le porte-parole de l’usine de Cap-Pelé tient tout de même à nuancer ses propos afin de calmer les ardeurs des observateurs de l’industrie du homard. Les gains directs liés à l’entente reviendront aux importateurs de l’Europe, qui ont la responsabilité de payer les droits de douane.

«Nous autres, nous ne sauvons pas d’argent. Nos importateurs paient les droits de douane, ensuite ils font la distribution. Pour eux autres, ça rend le produit plus abordable.»

De plus, s’il est généralement accepté que les impacts de l’AECG seront positifs pour l’industrie canadienne des fruits de mer, leur ampleur est encore difficile à prédire.

«C’est trop tôt pour dire. J’ai entendu dire des exportateurs de homard vivant qu’il y a de l’intérêt dans des zones de l’Europe où il n’y en avait pas avant, comme en Italie. Il y a du bon, mais c’est difficile de spéculer», explique Geoff Irvine, directeur général du Conseil canadien du homard.

À court terme, l’industrie de la Nouvelle-Écosse sera le plus grand gagnant en raison de sa position de force au niveau du homard vivant. L’industrie du Nouveau-Brunswick, plus enracinée dans la transformation, ressentira les pleins effets de l’entente en 2021.

Le 21 septembre dernier, le droit de douane de 6% sur le homard entier congelé exporté en Europe, ainsi que celui de 16% sur le homard non entier congelé, a été réduit d’un tiers. Ils seront éliminés complètement d’ici deux ans. Le tarif de 20% sur la viande de homard a été réduit à 16%, et sera éliminé progressivement d’ici quatre ans.

Au sud de la frontière, les vendeurs de homard du Maine ont exprimé à plusieurs reprises leurs craintes par rapport à l’avantage qu’auront les exportateurs canadiens après l’adoption de l’AECG.