Tracadie autorise la prise d’images pendant la période de questions

En réaction aux critiques, le conseil municipal de Tracadie a décidé d’autoriser la prise d’images et de son lors des différentes réunions publiques, y compris lors de la période de questions.

La mesure a été appuyée par l’ensemble des élus. La conseillère Norma McGraw a cependant apporté une nuance. Un citoyen qui n’est pas à l’aise de prendre la parole devant les journalistes a le droit de demander de ne pas se faire enregistrer.

«Je pense que c’est le droit et la liberté d’une personne qui désire prendre la parole, mais qui n’est pas à l’aise de parler aux journalistes, de demander de ne pas se faire enregistrer. La question a fait consensus au sein du conseil municipal et on veut continuer à être transparent», a ajouté le maire Losier.

Le maire s’était défendu face aux accusations en rappelant que la quasi-totalité des réunions sont ouvertes au public, à l’exception de certaines rencontres qui doivent se passer à huis clos. Elles traitent principalement de questions concernant les employés et la convention collective.

Récemment, la municipalité s’est trouvée au coeur de l’actualité provinciale lorsque Jacques Poitras, un journaliste du réseau CBC, a appris qu’il n’avait pas le droit de filmer ou d’enregistrer le son lors de la période de questions des réunions publiques. La politique a été critiquée par l’Association acadienne des journalistes, un organisme réunissant les journalistes francophones de l’Atlantique.

«Cette pratique est profondément antidémocratique et extrêmement inquiétante», avait déploré Mathieu Roy-Comeau, président de l’AAJ.

Le maire Losier dit avoir tiré des leçons de cette expérience, qu’il a décrite comme l’une des plus intenses de sa vie.

«Mon statut de recrue en politique me permettra certainement de voir et d’apprendre de cette aventure. L’avenir nous permettra d’analyser le résultat final», a-t-il déclaré lors de la réunion du conseil municipal de Tracadie.

«L’article de Jacques Poitras m’a longuement fait réfléchir sur la situation actuelle. Je sais que les journalistes font leur travail. (…) Je serais menteur de dire que cette situation a été facile à vivre pour moi. C’est probablement la plus intense de ma vie. Payer le prix de la transparence, c’est supporter le fardeau de la critique sur ma façon de faire et de notre façon de faire en tant que conseil municipal.»

De façon générale, les dernières semaines n’ont pas été de tout repos pour les membres du conseil municipal de Tracadie.

Depuis août, le maire Denis Losier a créé des remous en affirmant avoir eu vent d’une série d’irrégularités comptables dans les finances municipales.

Denis Losier a cependant exprimé son désir de terminer l’année 2017 sur une bonne note. Il a ensuite procédé à l’énumération d’une liste de projets concernant l’eau potable, la gestion des eaux usées et l’asphaltage de route en cours dans la municipalité. Plusieurs autres projets communautaires sont en développement.

«On voit beaucoup de positif. Ça fait du bien», a résumé la conseillère Ginette Brideau-Kervin.