Église catholique: une autre vague de poursuites

Une nouvelle vague d’avis de poursuite frappe l’archidiocèse de Moncton. Les plaignants allèguent avoir été agressés sexuellement par des prêtres catholiques le siècle dernier alors qu’ils étaient mineurs.

Trois nouvelles victimes alléguées du père Camille Léger se sont tournées vers les tribunaux, le 27 septembre.

Ces plaignants, tous représentés par le même avocat néo-brunswickois, Me René A. LeBlanc, poursuivent l’archidiocèse catholique de Moncton. Ils allèguent qu’ils ont été agressés par le père Camille Léger – qui est décédé en 1990 – alors qu’ils étaient mineurs.

Le premier, qui était membre de la paroisse de Cap-Pelé, dit avoir rencontré Camille Léger lorsqu’il a commencé à servir à titre de garçon d’autel en 1957.

«À compter approximativement de 1957, alors que le plaignant était âgé de 12 ans, et à de nombreuses occasions au cours de l’année suivante, Camille a répétitivement abusé sexuellement, agressé et attenté à la pudeur du plaignant», lit-on dans l’avis de poursuite.

Le deuxième plaignant, qui était membre d’une paroisse de Moncton, dit avoir rencontré Camille Léger en 1979 dans un camp du Sud-Est. Il allègue que le prêtre l’a agressé sexuellement à deux reprises cet été-là. Il était âgé de 15 ans.

Le troisième plaignant affirme avoir rencontré Camille Léger en 1965 alors qu’il était membre de la paroisse de Cap-Pelé. Il était garçon d’autel, était actif au sein du mouvement scout et jouait dans la fanfare. Ces activités se faisaient sous la gouverne de Camille Léger.

Il allègue que le père Léger l’a agressé sexuellement à de nombreuses reprises de 1965 à 1967 alors qu’il était âgé de 12 à 14 ans. Les agressions se seraient produites au presbytère de Cap-Pelé et dans un camp à Petit-Cap.

Il affirme aussi que le prêtre s’en est pris à lui «à la piscine CEPS à Moncton». Il semble toutefois peu probable que les faits allégués se soient produits au Centre d’éducation physique et des sports (CEPS) de l’Université de Moncton, puisque cette infrastructure n’a été inaugurée que neuf ans plus tard, en 1976.

Ces trois victimes alléguées du père Camille Léger reprochent entre autres à l’archidiocèse de Moncton de ne pas en avoir fait assez pour les protéger.

Ces hommes avancent également que l’archidiocèse a «mis en oeuvre et maintenu un système qui avait comme objectif d’étouffer l’existence de tels comportements si de tels comportements étaient rapportés.»

Ils racontent que l’abus sexuel dont ils disent avoir été victimes a eu de graves conséquences sur leur vie et sur leur santé. Ils demandent à la Cour de forcer l’archidiocèse à remettre à la GRC toutes les informations et les documents dont il dispose sur des allégations de nature sexuelle et d’ordonner le versement de dommages et intérêts.

Une 13e poursuite visant Yvon Arsenault

Un autre avis de poursuite contre l’archidiocèse a été déposé par Me LeBlanc le 27 septembre. Il vise aussi l’ex-curé Yvon Arsenault. Il s’agit de la 13e victime alléguée de ce dernier à déposer un tel document en cour.

Le plaignant affirme qu’il a été agressé par Yvon Arsenault pour la première fois en 1971 alors qu’il était âgé de 16 ans. Les agressions, lors desquelles le prêtre lui aurait fourni de l’alcool, se seraient produites à de nombreuses reprises dans l’église de Shediac.

Il affirme que l’archevêque actuel et ses deux prédécesseurs «ont tous obtenu de l’information ou des allégations à l’effet qu’Arsenault avait abusé des jeunes paroissiens pendant son temps comme prêtre pour l’archidiocèse.»

Il allègue aussi qu’Yvon «Arsenault aurait, conformément aux règles de l’Église catholique romaine, confessé de ces comportements sexuels déviants (…) de temps en temps» à un ou plusieurs prêtres.

Rappelons qu’Yvon Arsenault purge présentement une peine d’emprisonnement de quatre ans pour des crimes de nature sexuelle pour lesquels il a plaidé coupable l’année dernière. Il est aussi accusé d’attentat à la pudeur et doit subir son enquête préliminaire le 19 octobre.

Aucune des allégations contenues dans ces quatre nouveaux avis de poursuite n’a été démontrée en cour. L’archidiocèse catholique de Moncton n’a pas encore répondu à ces avis.

Nous avons contacté l’archidiocèse et l’avocat qui représente les plaignants afin d’obtenir des commentaires, mercredi. Nous n’avons pas eu de leurs nouvelles avant l’heure de tombée.