Services ambulanciers: peu de changement à prévoir dans le Restigouche-Ouest

Ambulance Nouveau-Brunswick a tranché: il n’y aura pas de seconde ambulance en permanence sur le territoire du Restigouche-Ouest, du moins pour le moment. Et c’est la Ville de Saint-Quentin qui obtiendra la nouvelle station.

La direction d’Ambulance NB a rencontré, jeudi matin, à Kedgwick, les élus du Restigouche-Ouest afin de leur faire part de son plan d’action destiné à améliorer les services ambulanciers dans ce secteur. On s’attendait également à ce qu’une décision tombe en ce qui a trait à l’emplacement de la nouvelle station d’ambulance et c’est exactement ce qui s’est produit. C’est à Saint-Quentin où sera construit le futur bâtiment.

On se souviendra qu’Ambulance NB avait lourdement été critiquée par la population de cette région à la suite d’une série d’incidents survenus durant l’été où le temps de réponse des ambulances avait été jugé trop long.

Le dernier en liste est un accident d’automobile qui s’est produit à Saint-Quentin et qui s’est soldé par le décès de l’un des trois occupants, une jeune fille de 14. C’est à la suite de cette tragédie que les élus ont commencé à mettre de la pression sur Ambulance NB afin qu’elle se penche sur les moyens d’améliorer sa couverture au Restigouche-Ouest.

La rencontre de jeudi faisait suite au tour de table du mois d’août dont l’objectif était d’écouter les demandes des communautés. Cette fois, le directeur des opérations, Jean-Pierre Savoie, avait des réponses à fournir et des propositions à présenter.

Une dizaine de points ont été abordés par l’organisation durant la rencontre qui a duré un peu plus d’une heure.

«On a regardé plusieurs options, y compris l’ajout d’une seconde ambulance permanente, mais les données (statistiques) démontrent que ce n’est pas nécessaire», dit-il.

M. Savoie a confirmé au passage que la station demeurera à Saint-Quentin et que Kedgwick conservera son ambulance de 8h à 16h, du lundi au vendredi. La raison évoquée pour ce choix est le plus fort volume d’appels en provenance de la ville restigouchoise.

En somme, le service ambulancier demeurera exactement le même pour l’instant au Restigouche-Ouest, du moins à court terme.

Jean-Pierre Savoie a cependant tenu à préciser qu’Ambulance NB étudiait toujours d’autres pistes de solution, notamment la coordination des déploiements des ambulances, le recrutement d’effectifs (pour combler les besoins actuels) et la gestion des transferts de patients.

«Est-ce qu’on pourrait utiliser d’autres véhicules que les ambulances pour faire certains types de transferts? C’est l’une des possibilités que nous étudions et qui pourraient avoir un impact positif ici», indique M. Savoie.

Une troisième rencontre est par ailleurs prévue dans six mois avec les intervenants du Restigouche-Ouest question d’évaluer les efforts mis en place pour améliorer la qualité de la couverture ambulancière.

Soulagement, mais…

Lors de la rencontre, on retrouvait autour de la table les représentants d’Ambulance NB ainsi que des communautés de Kedgwick, Saint-Quentin et du DSL de Saint-Quentin. La solution proposée convient-elle aux partis?

À Saint-Quentin, on ne célèbre pas malgré ce qui semble, à première vue, être une victoire pour la municipalité. Si on se dit ravi de conserver la station d’ambulance, on aurait aussi aimé l’ajout d’effectif afin de répondre aux préoccupations de l’ensemble du territoire. Mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers avoue qu’elle s’attendait à plus et que les solutions mises sur la table sont loin de répondre à l’ensemble des inquiétudes des citoyens.

«Dire que je suis satisfaite de la rencontre c’est un gros mot», exprime Mme Somers.

Cette dernière était par exemple persuadée qu’on doterait le Restigouche-Ouest d’une seconde ambulance 24h/7.

«En ce moment, on nous dit qu’on respecte les pourcentages et les normes provinciales, c’est donc difficile de les convaincre de nous en donner plus. Reste que pour nous, ce n’est pas suffisant, car on se retrouve encore trop souvent avec un territoire sans couverture et il faut revoir cela», indique Mme Somers.

Vive déception

À Kedgwick, la réaction est vive. La mairesse de l’endroit, Janice Savoie, fulminait à sa sortie de la rencontre. C’est elle qui avait proposé de déménagement dans sa communauté de station d’ambulance pour des raisons géographiques.

«Cette rencontre ressemble à une mauvaise blague, car j’ai l’impression que les décisions étaient prises depuis longtemps», lance-t-elle, cachant mal sa déception.

«On nous a offert le statu quo et aucune solution significative pour améliorer le service. Ça signifie donc qu’on demeure aux prises avec les mêmes lacunes», mentionne-t-elle, précisant que l’objectif n’a jamais été de réduire la qualité du service à Saint-Quentin, mais plutôt de rendre ce dernier plus équitable sur tout le territoire.

Celle-ci songe maintenant à demander une enquête indépendante afin de faire la lumière sur le choix de l’emplacement de la station.