Trafic de cocaïne: un couple de Dieppe reconnu coupable par le jury

Luc LeBlanc et Michelle sont tous deux reconnus coupables d’avoir comploté pour importer plus de 500 000$ de cocaïne de Matamoros au Mexique jusqu’à Moncton. Le jury s’est prononcé mercredi soir après huit semaines de procès.

Il aura fallu près de 12 heures de délibération aux jurés pour en arriver à un verdict. À l’annonce du mot «coupable», Luc LeBlanc est resté impassible alors que Michelle LeBlanc fondait en larmes.

Le juge Jean-Paul Ouellette a demandé à chacun des 12 jurés de confirmer leur décision avant de les remercier d’avoir accompli leur devoir de citoyen.

Michelle LeBlanc a été placée en détention. Le juge a rejeté la requête de son avocat, Sylvain Pelletier, qui demandait que sa cliente soit maintenue en liberté conditionnelle.

Luc LeBlanc purgeait déjà une peine de six ans de prison. L’ancien propriétaire du bar Old Cosmo a été reconnu coupable de trois accusations de trafic de drogue l’an dernier.

Aucune date n’a encore été fixée concernant la sentence.

En effet, les avocats de la défense demandent une suspension des poursuites. Ils estiment que les témoins clefs présentés par la Couronne ont été «incités» à collaborer, et que leurs témoignages ne sont pas admissibles. Leur demande sera l’objet d’une nouvelle audience les 11, 12 et 13 décembre prochain.

L’avocat de Luc LeBlanc, Nathan Gorham, a exprimé sa déception. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

«Si la Cour décide que le procès était injuste ou que l’enquête et la poursuite auraient déconsidéré l’administration de la justice, cela stopperait les procédures», indique l’avocat de Luc LeBlanc, Nathan Gorham.

Il précise que son client n’a pas encore décidé s’il allait faire appel. «Il est déçu et étourdi, nous allons maintenant voir quelles sont nos options», dit-il à la sortie du tribunal.

André Potvin, agent de la GRC à la retraite, a mené l’équipe d’enquête dans cette affaire. Il a monté le dossier main dans la main avec les autorités américaines «Nous sommes très satisfaits du verdict, ça souligne l’importance du travail qui peut être fait lorsque différents corps de police collaborent.»

Près de 16 kg de cocaïne, d’une valeur de 508 000$, avaient été saisis par le service américain des douanes et de la protection des frontières en janvier 2013.

L’ancien gendarme André Potvin était chargé de l’enquête. – Acadie Nouvelle: Simon Delattre

«La pureté de la cocaïne saisie était de 75%, elle aurait été coupée et ça aurait représenté 45 kilos de cocaïne, souligne André Potvin. Ce sont des milliers de doses qui n’ont pas atteint la rue, c’est une saisie majeure pour cette région.»

Le procès en bref

Luc LeBlanc, et sa femme Michelle LeBlanc, étaient accusés d’avoir comploté avec Anthony Knockwood et Heather Keirstead, un couple de Sackville.

Le 21 janvier 2013, M. Knockwood et Mlle Keirstead ont été arrêtés au Texas à la frontière du Mexique à bord d’un véhicule récréatif. 14 paquets avaient été découverts dans les murs et la salle de bain du véhicule.

Les deux conspirateurs, tous deux anciens employés du bar Old Cosmo, ont témoigné lors du procès.

M. Knockwood a raconté comment Luc LeBlanc lui aurait offert 10 000$ pour conduire le véhicule au Mexique et ramener la drogue au Nouveau-Brunswick. L’accord aurait été passé dans un supermarché de Moncton en décembre 2012. Le témoin a ensuite affirmé que lui et Luc LeBlanc ont déterré un sac contenant de la cocaïne dans le désert au sud de Matamoros.

Lors des audiences précédentes, la Couronne a présenté d’autres éléments incriminant M. LeBlanc, notamment des messages texte envoyés à M. Knockwood et un transfert de 16 000$ destiné à un homme d’Acapulco. Elle a aussi tenté de montrer que Mme LeBlanc, qui faisait partie du voyage, était également impliquée.

De leur côté, les avocats de la défense ont noté que M. Knockwood et Mme Keirstead avaient beaucoup à gagner en accusant les Leblanc. Condamné à cinq et 10 mois de prison par la justice américaine, M. Knockwood a vu sa peine réduite en acceptant de coopérer avec la GRC. Les accusations portées contre Mme Keirstead ont été abandonnées après qu’elle ait accepté de témoigner dans cette affaire.

Séquestrés pendant deux jours

Le juge Jean-Paul Ouellette a donné ses instructions au jury mardi lors de la huitième semaine de procès au palais de justice de Moncton.

«Est-ce que le témoin avait l’air honnête, a-t-il des raisons de ne pas dire la vérité ou de présenter un côté sous un jour plus favorable? Était-il capable de faire des observations justes et complètes à propos des évènements?»

Réunis jusqu’à 19h, les jurés ne sont pas parvenus à conclure leur délibération mardi et ont donc passé la nuit à l’hôtel sous surveillance policière. Le juge les a informés qu’il leur serait interdit d’utiliser des appareils électroniques ou de discuter de l’affaire en dehors des délibérations.

Mercredi, le jury a transmis plusieurs questions au juge au cours de la journée. Ils souhaitaient notamment avoir accès au casier judiciaire de M. LeBlanc et aux enregistrements des témoignages initiaux délivrés par les témoins aux enquêteurs.

Le juge Ouellette a répondu qu’aucun élément supplémentaire ne leur serait fourni. «Vous êtes juges des faits vous devrez utiliser votre bon sens pour considérer les preuves qui vous ont été présentées pendant le procès.»