Les élus de l’île Lamèque réclament encore une fois la construction d’un nouveau pont

La mésaventure récente d’une jeune mère de Sainte-Marie-Saint-Raphaël pousse les élus de l’île Lamèque à réclamer encore une fois la construction d’un nouveau pont pour relier l’île au reste de la Péninsule acadienne. Le temps presse et la sécurité de la population est à risque après chaque nouvel incident majeur, croient-ils.

Selon ce qui a été rapporté par d’autres médias, Debbie Mallet a contacté son beau-père dans la nuit du 10 au 11 octobre lorsqu’elle a commencé à perdre ses eaux pour qu’il la transporte d’urgence à l’hôpital de Miramichi.

En raison de travaux de rénovation en cours, le pont est présentement fermé à la circulation de 00h30 à 5h30, à l’exception des véhicules d’urgence. Debbie Mallet et son beau-père ont dû revenir sur leurs pas avant de composer le 911. Une ambulance est éventuellement venue la chercher.

Au cours des dernières années, la fermeture du pont levant construit en 1957 a causé bien des maux de tête aux élus et aux entreprises. Pour ne citer que quelques exemples, il a été fermé pendant plusieurs heures en octobre 2014 à la suite d’un bris temporaire et ce printemps, il a été fermé encore après un violent orage. Plusieurs poteaux d’électricité sont tombés sur la route.

Lorsqu’il a été construit, on prévoyait qu’il aurait une durée de vie de 50 ans.

«C’est de plus en plus inquiétant. Les incidents concernant le pont se multiplient. Les problèmes arrivent beaucoup plus souvent et ça cause de plus en plus d’inquiétudes dans la population. Il risque d’y avoir un impact sur l’économie, les soins de santé et d’autres services d’urgence», dit Jules Haché, maire de Lamèque.

La Chambre de commerce des îles Lamèque et Miscou a lancé des démarches pour obtenir un nouveau pont il y a près de 10 ans, ajoute Jules Haché, qui a longtemps été président de cet organisme.

«On nous a dit qu’il était en très bonne condition. S’il était en bon état, il s’est détérioré assez vite. Le gouvernement fait des réparations nécessaires tout de suite, mais il ne remplace le pont. On nous indiquait déjà en 2007-2008 qu’il fallait des travaux de réparation qui ont pris du temps à faire. On est en retard et la situation s’est aggravée. Le pont ne rajeunit pas. On demande le renouvellement du pont dans les plus brefs délais.»

Conrad Godin, maire de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, qualifie aussi la situation d’urgente. Le niveau de circulation routière sur le pont en 1957 était bien inférieur à celui d’aujourd’hui, rappelle-t-il. Selon le gouvernement provincial, près de 8000 voitures l’empruntent.

«Après un bout de temps, ça va arriver encore. On ne peut plus attendre. Il est temps qu’ils arrêtent les études et qu’ils mettent sur pied quelque chose de sérieux!»

L’an dernier, un comité a été formé pour presser le gouvernement provincial d’amorcer la construction d’un nouveau pont. Il est composé de représentants des chambres de commerce, des gens d’affaires et des municipalités de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, Lamèque, Le Goulet et Shippagan.

Sébastien Haché, président du comité, reconnaît l’importance des travaux en cours, car ils vont permettre de maintenir la sécurité de la structure, mais un nouveau pont demeure une nécessité dans la région, dit-il. L’incident récent vient appuyer les démarches du comité.

Jules Haché implore le gouvernement de mettre de côté les fonds nécessaires pour ce projet dans son prochain budget.

«On ne veut pas attendre un autre 10 ou 15 ans et que ça crée d’autres incidents dramatiques.»

La construction d’un nouveau pont n’a pas été annoncée, mais le député de Shippagan-Lamèque-Miscou, Wilfred Roussel a déjà laissé sous-entendre qu’il s’agit d’une question de temps.

«Le remplacement éventuel du pont entre Lamèque et Shippagan exigera un processus de planification et de conception long et complexe. Les travaux qui seront effectués cette année permettront de faire en sorte que le pont demeure utilisable durant cette longue période de planification», a-t-il déclaré lors d’un entretien en février.