Violence: une loi pour mieux protéger les infirmières

En 2016, 54% des membres du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) ont rapporté avoir subi une forme de violence ou de harcèlement au travail. La province est la seule au Canada à ne pas reconnaître la violence comme un risque professionnel. Ça changera en avril 2018.

Il y a un an, le syndicat demandait au gouvernement provincial de modifier la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail pour inclure la violence en milieu de travail comme un risque professionnel. Douze mois plus tard, le gouvernement Gallant acquiesce et annonce que la loi sera modifiée en conséquence en avril 2018.

Jeudi matin, la présidente du SIINB, Paula Doucet, s’est réjouie de l’annonce. Après avoir milité pendant 10 ans afin de faire changer la loi, il s’agit d’une victoire pour les infirmières du Nouveau-Brunswick. Il restera cependant du travail à faire.

«On reconnaît qu’un morceau de législation ou une réglementation n’arrêtera pas la violence en milieu de travail. Nous avons besoin d’éduquer et de continuer à travailler avec les parties prenantes pour apporter de vrais changements et procurer un environnement de sécuritaire partout au Nouveau-Brunswick», a confié Mme Doucet à l’Acadie Nouvelle.

Pour les 6900 infirmières représentées par le SIINB, la violence peut prendre plusieurs formes et provenir de différentes sources, autant des patients que de proches en visites. Une grande campagne de sensibilisation avait d’ailleurs été organisée par le syndicat.

«La violence prend différentes formes. Elle peut provenir de patients, des clients ou des résidents, mais elle peut aussi venir des visiteurs et du public en général, parfois même de collègue à collègue. Il y a plusieurs formes, ça peut être de l’abus verbal ou physique et de harcèlement. C’est très courant chaque jour partout dans la province», a précisé Mme Doucet.

«Nous savons que les temps d’attente dans les urgences sont longs. Nous savons qu’ils sont à court de main-d’œuvre. Nous savons que la crise à l’intérieur de notre système de santé met beaucoup de pression sur les gens et parfois ils feront valoir leur frustration naturellement devant la personne qui se trouver devant eux et la plupart du temps c’est une infirmière ou un professionnel de la santé qui est là», a-t-elle ajouté.

Un comité mixte a été mis en place pour le gouvernement afin de travailler à la modification de la loi. Il est formé de représentants du gouvernement et du mouvement syndical.

Le gouvernement affirme aussi travailler étroitement avec Travail sécuritaire NB en vue de rédiger les nouveaux règlements, ainsi qu’avec l’équipe de recherche sur la violence et l’abus en milieu de travail du Centre Muriel McQueen Fergusson pour la recherche sur la violence familiale afin de mieux comprendre cet enjeu.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B. compte rester en contact avec les élus afin de s’assurer que le tout se fasse d’ici avril 2018.