Dalhousie: les élèves n’ont plus le droit au cellulaire

Prise avec une utilisation exagérée des cellulaires, une école secondaire du Restigouche a décidé d’agir en le bannissant tout bonnement de la salle de classe.

Depuis quelques semaines, c’est tolérance zéro à l’école secondaire Aux quatre vents de Dalhousie en ce qui a trait à l’utilisation des téléphones intelligents durant les heures de cours. Les élèves n’y ont accès que lors des pauses et ainsi que l’heure du dîner.

Cette mesure provient directement de la direction de l’école après avoir noté une surutilisation de cette technologie en classe.

«C’était devenu incontrôlable, tellement qu’on a senti le besoin d’intervenir afin de ramener un peu d’ordre», explique le directeur de l’endroit, Brian Landry.

Selon lui, une certaine mentalité s’était installée où les élèves voyaient l’utilisation de leur appareil comme étant un droit et non un privilège à l’école. La réponse a été sévère: le téléphone intelligent demeure fermé pendant la classe un point c’est tout.

«On s’est aperçu que l’utilisation qu’en faisaient nos élèves avait un impact négatif sur leurs apprentissages ainsi que sur leurs habiletés sociales. Si dès qu’on a une seconde de libre on se met le nez dans un téléphone, il y a un problème. On limite nos interactions personnelles et à cet âge, c’est très important justement de les développer», ajoute le directeur.

Ce dernier a d’ailleurs remarqué que depuis la mise en place de l’interdit d’utilisation, les interactions sociales entre les élèves et la création de liens avec les enseignants se sont améliorées.

«On a vu du positif à très court terme. On a remarqué plus d’interactions, mais aussi que les élèves étaient plus concentrés sur ce qui se passe en classe, prouvant du coup que le cellulaire était vraiment une source de distraction. Et de plus, je n’ai pas entendu un seul parent venir nous dire que nous ne faisions pas la bonne chose. Au contraire, on sent un appui de leur part», note M. Landry, avouant que la mesure n’a toutefois pas été aussi bien accueillie au niveau des élèves eux-mêmes.

«Il y en a qui ont eu de la difficulté avec ça puisqu’ils sont tellement habitués d’avoir cet outil en main. On s’attendait un peu à avoir quelques réactions négatives, mais ce ne fut pas trop intense non plus», admet-il.

Si cette décision peut sembler aller à contre-courant alors qu’on ouvre de plus en plus la salle de classe aux nouvelles technologies, M. Landry estime qu’il n’en est rien. «Les technologies peuvent jouer un rôle important dans l’enseignement, mais il ne faut pas qu’elles deviennent pour autant des sources de distraction. Je crois que nous – le système – sommes dus pour une rééducation, pour nous questionner sur l’étiquette numérique afin de faire des choix judicieux sur l’utilisation des technologies dans l’environnement scolaire», dit-il.

La mesure en place pourrait par ailleurs être allégée à l’école AQV au cours des semaines et mois à venir.

«On songe à réintégrer tranquillement à compter du mois prochain l’utilisation du cellulaire en classe, mais seulement à des fins d’ordre pédagogique, lorsqu’un enseignant aura un projet particulier qui nécessite le cellulaire. Car il s’agit tout de même d’un outil qui peut s’avérer très utile en classe, mais il faut par contre garder le contrôle et éviter les dérapages. On veut faire preuve d’ouverture, mais on ne reviendra pas à ce que c’était avant l’interdiction, c’est certain», promet le directeur.