Maintenant qu’il n’a plus de ministères à gérer, le député de Campbellton-Dalhousie, Donald Arseneault, a un peu plus de temps pour lui. Et comme il n’a pas peur des défis, il vient d’accepter un second emploi.

Donald Arseneault a déjà annoncé le mois dernier qu’il ne briguerait pas un quatrième mandat à l’Assemblée législative. Il compte s’acquitter de sa tâche de député jusqu’au déclenchement des prochaines élections provinciales.

Récemment ministre responsable de plusieurs portfolios, le politicien est habitué à une certaine frénésie. Depuis sa rétrogradation, il se retrouve avec moins de responsabilités sur les bras, et du coup plus de temps libre. Du coup, il a accepté un nouveau défi, soit le poste de directeur des relations intergouvernementales pour le Syndicat des métiers et construction de l’Amérique du Nord (bureau canadien).

Le principal intéressé estime que les appels à sa démission en provenance des partis d’opposition en raison de son nouveau travail ne sont qu’une tempête dans un verre d’eau.

«Je ne serai pas le premier député d’arrière-ban à occuper un poste outre que celui de député. On a vu par le passé des médecins, des propriétaires d’entreprises privées, et j’en passe», exprime M. Arseneault.

Le principal problème évoqué est celui des conflits d’intérêts potentiels entre ses deux emplois. À cela, il rétorque en avoir discuté avec le bureau du premier ministre ainsi que le commissaire à l’éthique et que les deux n’y ont vu aucun problème.

«Oui, je suis dans le domaine des relations intergouvernementales au niveau fédéral, mais je ne m’occupe pas du tout du Nouveau-Brunswick. Je ne fais aucun lobbying au nom des syndicats auprès de notre gouvernement et je n’aurais jamais accepté ce poste s’il y avait possibilité de conflit d’intérêts», affirme M. Arseneault.

En ce sens, le député entend terminer son mandat jusqu’en septembre 2018.

«Il y a encore plusieurs dossiers que nous avons entamés pour Campbellton-Dalhousie et qui n’ont pas encore été complétés. Je veux m’assurer qu’ils le soient, ou à tout le moins qu’ils soient sur la bonne voie», dit-il.

À ceux qui disent qu’il ne pourra bien acquitter son travail de député de Campbellton-Dalhousie, il rétorque qu’au cours des trois dernières années où il a été ministre, il était rarement dans sa circonscription.

Selon lui, la clé se trouve dans l’accessibilité.

«Je me suis toujours montré très disponible auprès des gens de ma circonscription, et ce, même lorsque j’avais quatre ministères à ma charge. Et ça ne va pas changer, car je prends mon rôle de représentant du Restigouche très au sérieux. Je vais continuer d’être accessible et de pousser mes dossiers avec la même vigueur qu’auparavant, et ce, même si je ne suis pas toujours là physiquement», promet-il.

Convaincu, il va même jusqu’à parier que lors de la prochaine session, il sera à son banc à l’Assemblée législative plus souvent que certains de ses collègues de l’opposition.

Avec l’appui de Brian Gallant

Une question demeure: Donald Arseneault peut-il occuper cet emploi en parallèle à sa fonction de député? Questionné à ce sujet, le premier ministre Brian Gallant estime que oui, ajoutant que son député avait préalablement vérifié la faisabilité auprès du Commissaire à l’intégrité du Nouveau-Brunswick.

«On a déjà eu des personnes qui ont occupé d’autres emplois lorsqu’ils étaient députés par le passé. Ce qui est important, c’est de s’assurer que le commissaire a analysé la situation et que M. Arseneault s’engage à suivre ses recommandations», a indiqué M. Gallant.

Porte-parole conservateur, Jeff Carr ne voit pas de problème à ce qu’un député puisse occuper un second travail, tant et aussi longtemps qu’il représente adéquatement les citoyens de sa circonscription. Le malaise, il le perçoit plutôt dans le type de travail qu’occupe désormais le député, un travail lié aux relations intergouvernementales, donc qui pourrait potentiellement apporter le député à faire du lobbying auprès de son propre gouvernement.

«Ce qui a capté mon attention, c’est qu’on nous dit que le commissaire estime que le député Arseneault n’est pas en position de conflit puisqu’il a promis de ne faire aucun lobbying auprès du gouvernement. Ce que je dis, moi, c’est pourquoi devrions-nous croire Donald Arseneault», indique le député de Fredericton Junction

Selon lui, si la loi actuelle permet au député restigouchois d’avoir ainsi un tel emploi en même temps que ses fonctions officielles, l’Assemblée législative devrait réviser la loi. En attendant, il croit que le député devrait soit démissionner de son nouvel emploi ou de son poste de député.

La nouvelle a aussi fait réagir le chef du Parti vert, David Coon. Celui-ci s’explique mal comment le député restigouchois peut trouver le temps d’occuper un tel emploi alors qu’il devrait normalement en avoir plein les bras avec ses responsabilités dans sa circonscription et à l’Assemblée législative.

«Je trouve cela vraiment bizarre, surprenant. Et ce n’est pourtant pas les problèmes qui manquent dans sa circonscription. Il devrait avoir amplement de travail comme c’est là», indique-t-il, notant trouver important pour les citoyens d’avoir accès à son député.

Dans ces circonstances, M. Coon estime – à l’instar de son confrère conservateur – que le premier ministre devrait intervenir en demandant au député de faire un choix entre son poste de député et son nouvel emploi.

«Pour ma part, je crois que s’il veut conserver son nouvel emploi, il devrait démissionner», dit-il.

– Avec la participation du journaliste Mathieu Roy-Comeau

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