«Nous sommes tous des scientifiques»

Un scientifique qui parcourt l’Amérique du Nord à vélo pour promouvoir la science auprès des jeunes a fait un arrêt à l’Université de Moncton. Michael Gregory va à la rencontre des éducateurs pour en apprendre plus sur leurs techniques d’enseignement.

Les enfants de la garderie Centre de jour l’Éveil du campus de Moncton ont appris comment un son est créé. Ils ont eu droit à la présentation d’une expérience d’une équipe de l’organisme Parlons sciences à l’Université de Moncton, lundi matin.

À l’aide d’une corde rattachée à un appareil qui émet des vibrations, Maxime Boudreau a permis aux tout petits de visualiser la création d’ondes dans l’air, qui sont ensuite captées par nos oreilles.

Les spectateurs étaient captivés.

Michael Gregory a voyagé de San Francisco à Moncton en vélo depuis juillet, pour aller à la rencontre des éducateurs de science et apprendre de leurs techniques de transmission de la connaissance. – Acadie Nouvelle : Anthony Doiron

Toute la scène a été filmée par la caméra de Michael Gregory. Il téléversera le contenu sur son vlogue YouTube «MG traverse le Canada 2017». La chaine affiche une douzaine de vidéos similaires, exhibant des expériences scientifiques surprenantes et simples à réaliser.

Le projet est parti d’un désir de perfectionnement de Michael Gregory. À l’enseignement des sciences depuis 10 ans dans une école parisienne, l’homme originaire de Brampton en Ontario souhaitait en apprendre plus sur les méthodes utilisées pour transmettre la piqûre auprès des jeunes.

Le professeur a commencé son périple le 28 juillet, sur la côte ouest américaine. Il a enfourché son vélo à San Francisco pour remonter la route le long de l’océan Pacifique jusqu’à Victoria, en Colombie-Britannique. De là, il a pris la direction des Maritimes, traversant l’Alberta, les Prairies, l’Ontario et le Québec, en faisant des escales ici et là pendant le voyage. Ce projet a pu se concrétiser grâce à Parlons science, un organisme national qui a pour but de promouvoir cette discipline.

En tout, le professeur a effectué une trentaine de rencontres avec des scientifiques et enseignants de toutes les trempes, pour se familiariser avec leurs techniques de transmission de la connaissance auprès des jeunes.

Ce qu’il a vu l’a impressionné.

«Les gens m’ont partagé des techniques intéressantes pour captiver l’attention des élèves, comme le travail en groupe, la manière de présenter et de les inclure dans les expériences, mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est leur amour de la science et ce désir d’allumer cette étincelle chez les plus jeunes aussi.»

Parmi les vidéos mises en ligne, l’une d’elles démontre comment créer une fusée à l’aide d’alcool à friction et d’un réservoir pour distributeur d’eau. L’enseignant explique le processus de combustion derrière ce mécanisme, et pourquoi ce liquide, lorsqu’incendié sur la table, ne l’endommage pas.

 

 

Nous sommes tous des scientifiques

«Les gens ont parfois l’impression que la science est compliquée et que sa compréhension est inatteignable par le commun des mortels, mais la vérité est tout autre. Nous faisons de la science tous les jours, souvent sans même nous en rendre compte. Il faut juste se poser la question.»

Il pointe les aiguilles de pin étalées sur la chaussée.

«Vous voyez comme la plupart sont orientées en un sens? C’est parce que la base plus lourde que le reste de la tige sert d’ancrage lorsque le vent les souffles. Cet exemple est anodin, mais c’est aussi ça la science. C’est de tenter de comprendre l’univers qui nous entoure.»

Michael Gregory souhaite sensibiliser les gens à cultiver cette curiosité chez les enfants, et à les encourager à chercher des réponses aux questions qu’ils se posent.

«C’est une chose de leur donner la réponse, mais c’est facile et s’est vite parti de l’esprit quelques minutes plus tard. Il faut plutôt enseigner aux enfants comment trouver la réponse à leur question, et quand nous ne la connaissons pas, il faut chercher avec eux.»

Le périple à vélo de Michael Gregory se termine la semaine prochaine, à Halifax. Il a rencontré des gens de tous les horizons au Canada; c’est l’aventure d’une vie, dit-il.

«J’ai beaucoup de beaux souvenirs. Je rentre à Paris avec des idées plein la tête. J’ai bien hâte de déballer tout ça avec mes élèves.»