Alcool NB vendra du cannabis dans 15 communautés

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick confie la vente au détail du cannabis à des fins récréatives à Alcool NB.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, a dévoilé le nouveau modèle à Fredericton, mercredi, en compagnie du PDG de la société de la Couronne, Brian Harriman.

Le cannabis sera vendu dans un nombre maximal de 20 magasins dans 15 collectivités. Les magasins seront différents de ceux d’Alcool NB.

La société de la Couronne a déjà publié un appel d’offres pour trouver ces emplacements commerciaux.

Les régions visées sont le Grand Moncton, Saint-Jean, Fredericton, Bathurst, Campbellton, Miramichi et Edmundston.

On retrouvera également des succursales à Tracadie, Richibucto, Shediac, Sackville, Oromocto, Sussex, St. Stephen et Perth-Andover.

«D’après les conseils que nous avons reçus d’autres administrations qui ont légalisé le cannabis, comme le Colorado et Washington, il faut commencer par une étroite supervision de la part du gouvernement, et c’est ce que nous faisons», a indiqué la ministre Rogers.

«Alcool NB à l’expérience du marché du détail et nous croyons que ses connaissances et son expertise assureront une transition en douceur vers ce nouveau marché.»

Brian Harriman a promis que la société de la Couronne sera prête pour la légalisation du cannabis, le 1er juillet.

Fredericton n’a pas encore choisi le nom des nouveaux magasins. On sait cependant que les clients devront prouver leur âge avant de pouvoir y entrer. Même si tout indique que l’âge légal minimum pour acheter et consommer du cannabis sera fixé à 19 ans, la province n’a pas encore annoncé sa décision.

Le cannabis séché et l’huile de cannabis seront conservés sous verre comme dans une bijouterie. Les outils pour consommer le cannabis seront aussi vendus dans ces magasins.

«Ça va être une expérience de magasinage très personnalisée. Nos employés seront très bien formés pour éduquer et aider les gens qui veulent en apprendre davantage sur le cannabis», a expliqué M. Harriman.

Les clients pourront également faire l’achat de cannabis en ligne et le ramasser en magasin. Alcool NB planche aussi sur un modèle de distribution à domicile.

Le prix du cannabis dépendra notamment du régime de taxation qui sera mis en place par Ottawa. Fredericton n’a pas avancé de coût pour la mise en place du réseau de magasins.

L’opposition progressiste-conservatrice est contre l’idée de confier la vente du cannabis au secteur public.

Selon le député progressiste-conservateur Ross Wetmore, l’implication du gouvernement va faire augmenter le prix du cannabis tout en nuisant à la croissance économique.

«On ne peut pas faire croitre l’économie au même rythme avec un modèle public. Le secteur public est la solution.»

La décision ne fait pas l’affaire non plus des partisans du libre marché du cannabis.
Alex Sherrif de la Cannabis Trade Alliance of Canada estime que l’absence de concurrence entre plusieurs joueurs légaux risque de favoriser le marché noir.

«S’il n’y a pas d’innovation et de produits créatifs dans le marché légal, il y pourrait y en avoir sur le marché noir. Les consommateurs continueront ainsi de s’approvisionner sur le marché noir pour obtenir de ce genre de produits et d’expérience», prévient-il.

Le chef du Parti vert, David Coon, est pour le modèle public, mais déplore le piètre bilan de la société de la Couronne en matière de prévention.

«Alcool NB a pour mandat législatif de faire la promotion de la consommation responsable, mais ils ont failli à la tâche misérablement.»

«Le gouvernement va devoir s’assurer qu’Alcool NB respecte ses obligations légales et informe véritablement les Néo-Brunswickois sur les dangers de l’abus d’alcool avant d’intégrer la marijuana dans le portrait», a averti M. Coon.

Le président du Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente déjà les employés d’Alcool NB, Daniel Légère, anticipe la création de plusieurs emplois bien rémunérés, dont plusieurs en région.

De meilleurs salaires devraient garantir la présence d’un personnel fidèle et compétent dans les magasins ainsi qu’un meilleur service à la clientèle, selon M. Légère.

Puisque le modèle choisi par Fredericton ne laisse aucune place aux dispensaires privés, ceux qui opèrent déjà illégalement dans la province devront assurément fermer leur porte.

Interrogée sur les moins que le gouvernement va mettre en oeuvre pour assurer la fin des dispensaires, la ministre des Finances a renvoyé la question à son collègue de la Sécurité publique.