L’épandage du glyphosate dans les forêts et sur les terres agricoles du Nouveau-Brunswick continue à susciter craintes et interrogations dans la population.

De passage à Edmundston mardi afin de prononcer une allocution au sujet du controversé herbicide, les propos tenus par le biologiste Thierry Vrain n’aideront surement pas à atténuer ces craintes.

Dans le cadre d’une conférence organisée par la coalition Arrêtons l’arrosage Nouveau-Brunswick et le groupe EcoVie, le Dr Vrain s’est livré à une charge en bonne et due forme à l’endroit du produit chimique agricole le plus utilisé de tous les temps.

Durant plus de 90 minutes, le spécialiste des sols s’est efforcé de faire la démonstration des risques que représente cet herbicide pour la santé humaine.

En guise d’illustration, le biologiste a affirmé que le glyphosate peut aisément être présent dans tous les ingrédients que peut contenir un typique repas composé d’un burger, de frites et d’une eau gazeuse.

Même s’il manque des données et des études au sujet des effets du glyphosate sur la santé humaine, Thierry Vrain a dressé une longue liste de risques pour la santé qui lui sont associés.

«Il faut alerter les gens, car il y a un gros problème. Le glyphosate s’accumule dans tous les organes du corps humain et nui aux enzymes détoxifiantes», a expliqué le français d’origine à la foule venue à sa rencontre au campus d’Edmundston de l’université de Moncton.

Citant bon nombre d’études scientifiques durant son allocution, le Dr Vrain a affirmé que l’herbicide accélère la prolifération des cellules cancéreuses et qu’une seule partie de glyphosate par million (PPM) peut réduire la testostérone de 35%.

Santé Canada affirme pourtant qu’il est peu probable qu’il présente un risque de cancer pour les humains et que l’exposition par le régime alimentaire ne devrait pas présenter de risque pour la santé humaine.

Même si le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé a catalogué, en 2015, le glyphosate comme étant un cancérigène probable pour l’animal et l’homme, Santé Canada a autorisé, en avril, son utilisation pour une nouvelle période de 15 ans.

Thierry Vrain est loin de saluer cette décision de Santé Canada et remet en question les normes acceptables de présence de glyphosate émise par le ministère canadien.

Le chercheur accuse l’industrie, en particulier le géant Monsanto, d’avoir réussi à faire hausser le taux acceptable de glyphosate présent sur les produits agricoles et d’avoir corrompu plusieurs chercheurs.

Le biologiste compare l’utilisation du glyphosate, en 2017, à celle de la cigarette, il y a de nombreuses années, alors que l’industrie du tabac affirmait haut et fort, à grand coup d’études scientifiques, que son produit n’était pas nocif pour la santé.

Malgré tout, Thierry Vrain reconnaît d’emblée que le glyphosate est l’herbicide le plus efficace qui soit.

«Le glyphosate joue un rôle important dans la lutte contre les mauvaises herbes au Canada, ça tue toutes les mauvaises herbes sans problème», a-t-il indiqué, avant d’affirmer avec surprise qu’il serait stupide de bannir le produit et de cesser son utilisation au pays.

«On doit le garder comme herbicide, avec une bonne réglementation. Ici on arrose les cultures en plus des mauvaises herbes, en Europe on arrose que les mauvaises herbes, c’est ce que l’on devrait faire ici», explique le biologiste.

Le glyphosate est largement utilisé au Nouveau-Brunswick depuis plusieurs années.

Énergie NB, les compagnies papetières et la Défense nationale sont les principaux utilisateurs de glyphosate au Nouveau-Brunswick.

La tournée du Dr Thierry Vrain au Nouveau-Brunswick se poursuit ce mercredi au village de Petitcodiac et à Fredericton jeudi.

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