L’école Samuel-de-Champlain déborde

Malgré plusieurs agrandissements, le centre scolaire et communautaire de Saint-Jean fait face à un manque important d’espace.

«L’an dernier, il y avait des cours qui se donnaient dans les loges du théâtre parce qu’on n’avait plus de place», déplore le directeur général de l’Association régionale de la communauté francophone de Saint-Jean, Michel Côté.

«On a pris des locaux de la radio communautaire et la salle de conférence pour en faire des espaces pour l’école.»

Depuis son ouverture en 1985, le centre scolaire-communautaire a connu des travaux d’agrandissements en 2008 puis en 2016. Les quatre nouvelles salles de classe ajoutées récemment n’ont pas suffi.

L’établissement scolaire accueille aujourd’hui près de 700 élèves de la maternelle à la 12e année. L’arrivée de 60 jeunes Syriens a aggravé encore un peu le problème de surpopulation.

Les inscriptions sont à la hausse depuis l’ouverture de l’école des Pionniers dans la vallée de la Kennebecasis destinée aux enfants de la maternelle à la cinquième année.

«Avant on perdait 75% des francophones de la région qui allaient dans les écoles anglophones. Maintenant, ça nous amène deux classes de plus en sixième année à Samuel-de-Champlain. Ça n’ira pas en s’améliorant», explique Michel Côté, qui représente aussi la région de Saint-Jean au sein du conseil d’éducation du District scolaire francophone Sud.

Les parents se plaignent notamment de l’accès difficile au gymnase pour les activités scolaires et parascolaires et du fait que l’école n’ait qu’une salle informatique pour 700 élèves.

L’absence de séparation entre les groupes d’âge pose problème elle aussi.

«Nos plus vieux se retrouvent parmi les élèves de 1ère et de 2e année, ça ne crée pas un climat agréable pour eux», précise M. Côté.

La direction de l’école demande donc l’aménagement d’un espace séparé pour les élèves de la 6e à la 8e année. Elle espère ainsi faire face à la compétition des écoles anglophones de Saint-Jean.

«On a un défi au niveau de la rétention, les parents nous disent que s’il y avait de meilleures infrastructures ça pourrait motiver les élèves à rester à l’école de langue française», note Monique Boudreau, la directrice générale du District scolaire francophone Sud.

Au printemps dernier, le district scolaire a ajouté la construction d’une nouvelle école ou l’agrandissement de l’école existante à ses priorités pour 2018-2019. Le conseil d’éducation de district (CED) a également demandé au ministère d’évaluer les besoins sur place.

Cette semaine, le CED a commandé une étude démographique auprès de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.

La communauté francophone de Saint-Jean est en tout cas bien vivante, se réjouit Michel Côté.

«Le manque d’espace est un beau problème, on est content d’avoir ce défi mais il nous faut les infrastructures pour avoir un climat plus attirant pour nos élèves, étant donné la pression de la majorité anglophone. C’est plus facile d’aller à l’école anglophone à deux minutes de marche plutôt que de faire 30 minutes d’autobus pour étudier en français.»