Sirop d’érable: des compétitions «pour s’améliorer et se faire connaître»

Les produits issus de l’acériculture dans le nord-est du Nouveau-Brunswick se démarquent sur la scène internationale. Un producteur de Pokeshaw, entre Grande-Anse et Bathurst, a récemment reçu trois prix, dont une première place. Quel intérêt ont-ils, lui et les autres, à prendre part à des compétitions? Ils nous répondent.

Quand on pense production de sirop d’érable dans la Péninsule acadienne, le nom de la sucrerie Chiasson, à Paquetville, vient automatiquement en tête. Avec ses 30 000 entailles, l’entreprise est la plus grosse productrice du Nord-Est.

Elle n’est pas la seule dans ce marché. Que ce soit pour une consommation privée ou destinée à la vente en petites quantités, des particuliers exploitent eux aussi les érables qu’ils ont sur leurs terres.

George Riordon, à Pokeshaw, est de ceux-là.

Depuis 1983, il commercialise du sirop bien sûr, mais également du beurre, du sucre, de la tire et des cornets. Au fil des ans, son activité s’est développée: il est passé de 1450 entailles à 4000 environ. Et la qualité de ses produits est reconnue internationalement.

À la fin des années 1980, lui et sa femme, avec qui il gérait leur érablière jusqu’au décès de celle-ci au printemps, ont commencé à s’inscrire à des compétitions.

«On a gagné à chaque fois», dit-il, avec fierté mais certainement pas blasé.

Le Conseil nord-américain du sirop d’érable (le North America Maple Syrup Council) l’a distingué à trois reprises lors de sa dernière rencontre annuelle. Celle-ci s’est déroulée le 25 octobre, à Lévis au Québec. Elle a réuni des acériculteurs de 14 états américains et de quatre provinces canadiennes.

Le beurre d’érable de George Riordon a gagné la première place. Son sirop pur foncé au goût robuste et son sucre granulé ont chacun remporté la deuxième position. L’homme au crâne clairsemé et à la barbe blanche aime participer à des concours.

«J’ai l’esprit compétitif.»

Il y va aussi pour évaluer ses produits.

«Ça permet de voir à quel niveau je suis.»

George Riordon n’est pas du genre à s’endormir sur ses lauriers. Depuis ses débuts, il n’a cessé de se former. Le mois dernier pendant deux jours, il a suivi des cours à Fredericton.

«L’industrie a tellement changé qu’on a toujours besoin de se tenir informé. Même si j’ai quelques secrets de fabrication auxquels je ne touche pas», sourit-il.

Line Doiron partage son opinion. Elle et son conjoint, Marc, sont à la tête de la Sucrerie Chiasson, à Paquetville.

«Nous sommes novices dans les concours. Nous n’avons fait que celui de Moncton, en 2013.»

Ce dernier était déjà organisé par le CNASÉ. Ils avaient décroché la troisième place, avec leur beurre d’érable.

«Les compétitions, c’est bon pour la satisfaction personnelle. C’est bien aussi pour s’améliorer, puisque nous sommes jugés par des connaisseurs. Et puis, ça nous fait connaître», poursuit Line Doiron.

La Sucrerie Chiasson n’était pas présente à Lévis. «Il était trop tard pour nous inscrire.» Ses propriétaires tenteront peut-être leur chance l’an prochain.

George Riordon nous indique que la rencontre aura lieu au New Hampshire, dans la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis. Il pense concourir à nouveau. En attendant, à Pokeshaw et à Paquetville, les acériculteurs préparent leurs terres pour la future saison.

«Nous entamerons l’entaillage en janvier», renseigne Line Doiron.

Pour le producteur de la route 11, l’opération démarre en février. Sa superficie est moindre. Les dates de la récolte sont soumises aux caprices de dame nature.

«Nous avons eu de bonnes années ces derniers temps», constate George Riordon.