Revenir de la guerre avec de profondes cicatrices invisibles

Près de 2000 membres des Forces armées canadiennes sont déployés aux quatre coins du monde à l’heure actuelle. Plusieurs d’entre-eux reviennent avec des blessures physiques, mais les cicatrices les plus profondes ne sont pas toujours visibles.

Depuis environ une année, la page Facebook «PTSD Support -Northern/Nord-Est N.B.» vise à sensibiliser la population aux réalités du trouble du stress post-traumatique (TSPT). À l’occasion du jour du Souvenir, l’Acadie Nouvelle a voulu en savoir davantage.

L’initiative a été lancée par Vicky Thériault, une psychologue de la région Chaleur et un groupe d’anciens combattants et de premiers répondants qui souffrent du trouble du stress post-traumatique.

«Je travaille avec beaucoup d’anciens combattants. Plusieurs de mes clients me parlaient du fait qu’ils se sentaient isolés dans ce qu’ils vivent et qu’ils aimeraient rencontrer d’autres anciens combattants pour partager leurs expériences et pour normaliser ce qu’ils vivent», explique Vicky Thériault.

De leur côté, les anciens combattants et les premiers répondants participent à des rencontres de groupe avec leur psychologue. Mme Thériault tient cependant à faire la précision, le programme n’est pas couvert par l’assurance-maladie, mais par des programmes d’aide aux anciens combattants.

Ces rencontres permettent de briser l’isolement vécu par les soldats canadiens lors de leur retour à la vie civile.

«Ils ont vécu des expériences qui dépassent de loin ce qu’on rencontre dans notre quotidien. Ils reviennent avec ce stress et souvent, il est difficile pour eux de créer des liens avec les autres qui n’ont pas vécu la même chose. Ça contribue beaucoup au sentiment d’isolement. C’est une des raisons qu’on veut leur dire qu’on est là pour les écouter.»

«Dans les Forces canadiennes, il y a un grand esprit de fraternité et quand ils quittent les Forces, ils n’ont plus nécessairement se groupe à qui ils se référaient. Pour beaucoup d’entre eux, c’est une grande perte», ajoute Mme Thériault.

Le TSPT, c’est quoi?

Comme son nom l’indique, le trouble du stress post-traumatique se manifeste à la suite d’un événement traumatique. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent après quelques mois, mais selon Anciens Combattants Canada, jusqu’à 10% des soldats déployés dans une zone de guerre, y compris les membres des forces de maintien de la paix, vivront un malaise chronique lié au TSPT.

«Ça implique toutes sortes d’émotions fortes, parce que souvent le traumatisme est lié à notre survie, à nos impulsions de vouloir se défendre. Le système nerveux demeure actif et la personne développe de l’anxiété par rapport à des situations qui rappellent l’événement traumatique. Les symptômes sont nombreux. Ils peuvent avoir du mal à dormir et à se concentrer. Ils vont revivre l’événement tout en ayant l’impression qu’ils n’ont plus le contrôle», explique Vicky Thériault.

Bien que la route risque d’être longue, même les gens présentant les cas les plus tenaces peuvent réussir à gérer leur situation en consultant des spécialistes.

«Beaucoup de gens vont se rétablir d’un TSPT mais quand ça devient chronique, ils peuvent apprendre à gérer les symptômes afin de se sentir moins anxieux dans des situations qui leur rappelle le traumatisme.»

Commémoration du jour du Souvenir à Bas-Caraquet

Il ne reste plus beaucoup de vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Les derniers sont âgés de plus de 90 ans. Une petite cérémonie commémorative a eu lieu jeudi matin à la résidence Aux Douces Marées de Bas-Caraquet pour honorer quelques anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre de Corée qui habitent toujours ce foyer de soins.

Plusieurs élèves de l’école L’Escale des Jeunes de Bas-Caraquet ont participé à l’événement en déposant des couronnes au pied du drapeau du Canada.

«Les vétérans de la Seconde Guerre mondiale ont 95 ans et plus. Il en reste peut-être une vingtaine dans la région, mais ils habitent dans les foyers. C’est pour ça qu’on est ici à la résidence Aux Douces Marées aujourd’hui, c’est pour souligner le jour du Souvenir avec eux. On fait une cérémonie avant, parce qu’ils ne peuvent plus vraiment se rendre à l’église le 11 novembre», dit Armel Lanteigne, président de la Légion royale Canadienne 56 Caraquet.

Il est important de perpétuer la tradition du jour du Souvenir auprès des jeunes, croit M.Lanteigne.