Roland Collette: un parcours riche en exploits et en anecdotes

Les établissements scolaires de l’Acadie, particulièrement dans le nord de la province, auraient intérêt à imiter des écoles comme Clément-Cormier de Bouctouche, Louis-J.-Robichaud de Shediac et Mgr-Marcel-François-Richard de Saint-Louis-de-Kent dans leur façon d’honorer ses anciens étudiants et étudiantes de mérite. Non seulement le geste est-il noble, mais il s’avère également une excellente source de motivation et de fierté pour les jeunes en quête de modèles.

Le 5 mai 2018, Clément-Cormier célébrera l’entraîneur de hockey Roland Collette.

Son histoire, fort riche en anecdotes et en exploits, est amplement suffisante pour écrire un livre.

En entrevue, l’ex-entraîneur associé des Wildcats de Moncton s’est dit ému à l’idée que son nom sera associé aux autres immortels de l’école, c’est-à-dire le journaliste Michel Cormier, le politicien Claude Williams, la musicienne Monique Poirier, la docteure Jocelyne Hébert, l’homme d’affaires Mario Allain, l’acteur et ex-lutteur professionnel Robert Maillet et l’avocate Mélanie McGrath.

«Ça me fait chaud au coeur, dit-il. J’ai toujours aimé l’école et c’est facile d’en parler parce qu’elle a tellement fait pour moi.»

«Je n’étais pas un grand académicien, mais j’adorais faire partie de mon école. Elle m’a valorisé. Je m’y suis toujours senti comme dans une famille. Encore aujourd’hui, une journée de graduation me touche. Je m’ennuie de cette époque. Ç’a été la plus belle période de ma vie», confie-t-il au sujet de cette école d’un peu plus de 430 étudiants qui soufflera ses 50 bougies en 2020.

Roland Collette souligne que les copains de cette période sont encore aujourd’hui ses grands amis. Des liens qui, assure-t-il, vont durer. Il n’hésite d’ailleurs pas à dire que Clément-Cormier l’a magnifiquement préparé à sa vie d’adulte.

«J’étais un petit garçon extrêmement timide et réservé quand je suis entré dans cette école en neuvième année. Grâce à des mentors comme Léonard Allain et plusieurs autres enseignants, qui n’ont jamais hésité à m’encourager, j’ai fini par sortir de ma coquille et de gagner en confiance», affirme-t-il.

«C’est difficile de croire que le petit gars trop gêné que j’étais est maintenant capable de donner des conférences devant un public. Mon passage à Clément-Cormier a définitivement été un moment-clé dans ma vie», mentionne-t-il.

Athlète hors pair

Bien entendu, c’est comme athlète que Roland Collette a fait sa renommée à l’école Clément-Cormier.

Deux fois il sera choisi Athlète par excellence de l’année de son école en raison de ses exploits comme hockeyeur. Il a aussi été élu le joueur de l’année au sein de l’Association sportive interscolaire du Nouveau-Brunswick au terme de la saison 1984-1985.

Il a de plus excellé dans le soccer, le volleyball et le cross-country.

«Je n’étais pas Joël Bourgeois, mais je réussissais d’assez bons chronos», se souvient-il en riant.

Mais son sport de prédilection était évidemment le hockey.

«J’ai toujours mieux aimé les sports d’équipe, raconte-t-il. J’aime l’esprit de famille qu’on retrouve dans une équipe. C’est là-dedans que je suis parvenu à développer mon leadership», raconte-t-il.

Dès son année recrue avec les Cavaliers, en 1981-1982, Roland Collette remportera le championnat provincial de hockey AA.

«Les Cavaliers étaient dirigés par Léonard Allain. Parmi mes coéquipiers, il y avait Omer Allain, aujourd’hui décédé, Marc Caissie et Jean-Marie Allain. Ils étaient des vétérans et ils ont tous pris sous leurs ailes le petit ailier gauche que j’étais. Je n’étais pas gros, mais j’avais du coeur. Et puis, je produisais des points», indique-t-il.

De joueur à entraîneur

À l’automne 1985, Roland Collette prend part au camp d’entraînement des Beavers de Moncton au niveau junior A. Il est le dernier joueur retranché.

«Ce n’est pas une excuse, mais mon père était décédé dans l’année et je n’avais pas la tête au hockey. J’ai donc décidé d’arrêter et c’est alors que Médard Allain m’a approché pour diriger l’équipe bantam récréatif. J’ai accepté et j’ai tout de suite eu la piqûre du coaching», mentionne-t-il.

«Quelques semaines plus tard, les entraîneurs du programme midget A ont abandonné le club et j’ai hérité du poste. Et comme je ne voulais pas abandonner mon équipe bantam, j’ai donc dirigé les deux clubs tout en entamant mes études à l’Université de Moncton», révèle-t-il.

Aussitôt ses études universitaires complétées, il revient à l’école Clément-Cormier, à temps pour la saison 1989-1990, à titre d’adjoint de Léonard Allain.

Devinez quoi, les Cavaliers remportent un premier titre provincial AAA.

Deux saisons plus tard (1991-1992), désormais à la barre du club, il mène à nouveau les Cavaliers vers une autre bannière provinciale. Il répétera l’exploit en 1993-1994.

En 1994-1995, Collette passe à une autre étape en guidant les Beavers de Moncton au championnat des Maritimes junior A.

Les Alpines, puis les Wildcats

Pendant l’été 1995, Collette devient l’adjoint de Lucien DeBlois chez les Alpines de Moncton, la toute nouvelle franchise de la LHJMQ. L’expérience sera difficile mais formatrice.

«Rendu aux Fêtes, la ligue avait déjà pris le club en tutelle. Lucien et moi nous sommes retrouvés à nous occuper aussi de la gérance du club. Je me souviens que nous avions vendu plein de joueurs ici et là dans la ligue», dit-il.

Quelques mois plus tard, les Alpines cèdent la place aux Wildcats avec un nouveau propriétaire, Robert Irving. Bill Riley est embauché comme entraîneur-chef et Roland Collette est promu entraîneur associé.

Avant la saison 1997-1998, Réal Paiement hérite du poste d’entraîneur-chef. Collette est toujours en poste mais quitte au terme de la campagne. Son aventure dans la LHJMQ aura duré quatre saisons.

«J’ai été impliqué dans plein de trucs au fil des ans, des choses qu’aucun autre entraîneur adjoint ne faisait en temps normal. Ç’a été positif pour l’expérience, mais surtout négatif comme entraîneur. J’ai fini par perdre la passion», affirme-t-il.

Pendant un certains temps, il a tout de même caressé le rêve de faire le saut chez les professionnels. Le destin en a décidé autrement.

«La mode dans le temps dans la LHJMQ était d’embaucher des anciens joueurs de la Ligue nationale pour diriger les clubs. Moi, secrètement, je rêvais qu’un de ces entraîneurs (DeBlois et Riley) se retrouve chez les pros et qu’il décide de m’emmener avec lui. Un peu comme Ted Nolan a fait pour Danny Flynn quelques années plus tard. Ce n’est malheureusement pas arrivé», lance-t-il.

«Après les Wildcats, ça m’a pris quelques années pour retrouver le goût du coaching. Aujourd’hui, j’avoue que ça me manque d’être derrière le banc. Mais si ça arrive, je ne veux rien savoir de faire du recrutement ou encore de la gérance. Moi, tout ce que je veux, c’est d’être entraîneur», ajoute celui qui préside depuis quelques années le programme de hockey ProActif.