Raid de Dieppe: «Nous étions des cibles faciles»

À l’âge de 100 ans, le colonel honoraire David Lloyd Hart se souvient encore de chaque détail de la scène chaotique et sanglante sur la plage durant le débarquement allié de Dieppe en 1942.

M. Hart, opérateur des communications, se remémore avoir été bloqué sur un bateau en difficulté à environ cinq mètres de la côte, incapable de nager jusqu’à la plage car il ne pouvait pas abandonner l’unité radio du navire.

« Les tirs étaient effroyables », a-t-il affirmé en entrevue depuis son domicile à Montréal.

« Il y avait des tirs de mortiers, et il y avait des nids de mitrailleuses dans les falaises qui n’avaient pas été repérés par nos gens du renseignement car ils les avaient couverts, et ils avaient des canons de six livres ou plus pour tirer vers nous », a-t-il relaté.

Les Forces canadiennes affirment que M. Hart, né en juillet 1917, est l’officier le plus âgé et comptant le plus d’années de service – il a le titre de colonel honoraire.

Il s’était inscrit parmi les réservistes en 1937, et a été appelé en fonction active en 1939.

M. Hart a obtenu une médaille militaire de bravoure pour ses actions à Dieppe après qu’il eut insisté pour abandonner brièvement les ondes radio afin de retracer deux brigades et transmettre l’ordre de se retirer.

Le raid dans la France occupée s’est avéré la journée unique la plus sanglante pour les militaires canadiens durant toute la Deuxième Guerre mondiale.

Ce qui devait être une opération furtive a rapidement mal tourné lorsque les forces alliées ont été repérées par les forces allemandes, qui ont mitraillé lourdement les bateaux.

« Nous étions des cibles faciles », a dit M. Hart, qui s’est en sauvé sans blessure.

Parmi les quelque 5000 soldats canadiens ayant pris part au raid, près de 3400 ont été capturés, blessés ou tués. Le nombre de morts s’est élevé à 916.