Les petites entreprises estiment que leur fardeau fiscal est encore trop lourd

Les petites entreprises estiment que leur fardeau fiscal est encore trop lourd malgré une nouvelle baisse de l’impôt sur leur revenu d’une valeur de cinq millions de dollars.

La ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Cathy Rogers, a déposé mardi un projet de loi afin de faire baisser le taux d’imposition sur le revenu des petites entreprises de 3% à 2,5%.

Depuis son élection en 2014, alors que le taux d’imposition était à 4,5 %, le gouvernement du premier ministre Brian Gallant a baissé l’impôt des petites entreprises à quatre reprises.

La nouvelle baisse qui coûtera environ 5 millions $ annuellement au trésor néo-brunswickois entrera en vigueur le 1er avril.

«Les petites entreprises du Nouveau-Brunswick sont essentielles à la croissance économique et à la création d’emplois dans notre province», a déclaré la ministre Rogers.

Cette nouvelle baisse devrait aider les entreprises à «être concurrentielles, à investir et à créer des emplois», selon la ministre des Finances.

La réduction de l’impôt sur le revenu est bien accueillie par les entrepreneurs qui se sont prononcés récemment à 73% en faveur de cette mesure selon les données préliminaires d’un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

«Les membres reçoivent cette réduction d’impôt positivement. À ce niveau là, il n’y a pas de question», résume le directeur des affaires provinciales de la FCEI, Louis-Philippe Gauthier.

Toutefois, cette baisse pèse peu dans la balance en comparaison «à tous les frais, les coûts et les taxes qui ont été ajoutés sur le dos des petites et moyennes entreprises au courant des dernières années», ajoute M. Gauthier.

Les hausses de la taxe sur l’essence, de l’impôt foncier et des cotisations à la sécurité du travail ne sont que trois exemples, note-t-il.

Louis-Philippe Gauthier craint également les nouveaux frais qui ont déjà été annoncés autant du côté provincial que fédéral comme la tarification du carbone et les hausses des cotisations à l’assurance-emploi et au Régime de pension du Canada.

«Ça va être assez difficile pour les PME au Nouveau-Brunswick en 2018», avance M. Gauthier.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Bruce Fitch, fait essentiellement la même analyse.

Le député progressiste-conservateur rappelle que les petites entreprises qui n’arrivent pas à faire du profit en raison de leur fardeau fiscal ne paient pas d’impôt sur leur revenu.

«C’est un beau slogan la réduction de l’impôt sur le revenu des petites entreprises, mais en réalité il y a de nombreuses entreprises qui en arrachent avant même de faire du profit en raison de certaines des décisions fiscales de ce gouvernement.»

Le chef du Parti vert, David Coon, s’inquiète quant à lui de l’effet de cette quatrième baisse consécutive sur les finances de la province.

«Comment va-t-on remplacer les revenus qui seront perdus en raison de cette baisse? A-t-on une stratégie pour couper dans les dépenses gouvernementales? La ministre n’a pas parlé de ça, mais on va perdre des revenus.»