Services d’oncologie: Grand-Sault réclame un moratoire

Le Comité communautaire de la santé de l’Hôpital général de Grand-Sault rejette le modèle de services en oncologie proposé récemment par le Réseau de santé Vitalité.

Le regroupement qualifie d’inacceptable et d’inhumain le modèle de gestion des services préconisée par le réseau de santé. Le modèle consiste en l’embauche d’une infirmière immatriculée à Edmundston qui se déplacerait vers les régions de Grand-Sault et de Saint-Quentin afin d’offrir aux patients les services d’oncologie.

«Cette suggestion n’est pas une solution réaliste, mais plutôt inhumaine et constitue de surcroît un affront aux compétences du personnel déjà en place à l’Hôpital général de Grand-Sault», a indiqué Guildo Godbout, le président du Comité communautaire de la santé de l’Hôpital général de Grand-Sault.

Le comité affirme que le personnel infirmier offre les services d’oncologie à Grand-Sault depuis déjà plus de 25 ans et réclame que ce personnel soit formé afin de maintenir ses compétences et puisse répondre aux normes qui sont en vigueur.

«Une telle attitude nous porte à mettre en doute l’intégrité et la transparence du Réseau de santé Vitalité et de son PDG» estime Guildo Godbout, tout en réclamant un moratoire en attendant la mise en place d’un nouveau modèle de soins en oncologie.

Le comité affirme que le modèle de services proposé par Vitalité n’est pas viable à long terme et qu’il sera rapidement mis à l’épreuve.

«Que va-t-il se passer lorsque les conditions routières hivernales ou la maladie toucheront l’infirmière et l’empêcheront de se rendre à Grand-Sault?», illustre Guildo Godbout.

«Notre Comité veut justement proposer d’autres solutions viables et moins coûteuses qui feraient en sorte que nos gens seraient desservis dans leur hôpital et que des emplois seraient maintenus chez nous», ajoute-t-il, tout en précisant qu’il y a déjà trois infirmières à Grand-Sault qui peuvent assister les patients qui reçoivent des soins en oncologie.

Le Comité communautaire de la santé de l’Hôpital général de Grand-Sault a déjà fait savoir à Gilles Lanteigne, le PDG du Réseau de santé Vitalité, que son modèle de fonctionnement interne n’était pas acceptable à ses yeux.

Si aucune rencontre n’est prévue au cours des prochains jours entre les deux partis, une lettre a toutefois été récemment envoyée au PDG et au conseil d’administration de Vitalité.

Dans cette missive, le comité réclame une entente formelle concernant un modèle de gestion des services en oncologie qui serait viable à long terme et qui inclut le personnel infirmier qui administre déjà les traitements en oncologie à Grand-Sault.

En plus de l’épineux dossier touchant les traitements d’oncologie, le comité entend discuter des services de cliniques préchirurgicales et des traitements du cancer du sein qui sont uniquement disponibles à l’Hôpital régional d’Edmundston pour l’instant.

«On maintient que ces services de cliniques préchirurgicales, qui étaient disponibles ici jusqu’à tout récemment, devraient être à nouveau offerts à Grand-Sault», souligne Guildo Godbout.