Une députée provinciale a raconté pour la première fois en public son agression sexuelle lors d’un débat sur la question, jeudi, à l’Assemblée législative.

Pam Lynch faisait du jogging près de chez elle en cette soirée d’octobre comme elle avait souvent l’habitude de le faire au milieu des années 1980.

Les rues étaient bien éclairées sur la rive nord de Fredericton et celle qui a été élue députée de la région 25 ans plus tard connaissait bien le quartier.

«J’ai senti comme s’il y avait quelqu’un derrière moi, comme si j’étais suivie», raconte-t-elle.

«Je me suis retourné et mon agresseur était à bicyclette. Quand je me suis retourné, il était là et il a agrippé ma poitrine et il a ri. Puis, il s’est enfui.»

«Cette nuit-là, je me suis sentie très bouleversée et je me suis sentie violée que quelqu’un me fasse ça.»

La députée progressiste-conservatrice de Fredericton-Grand-Lake a raconté son histoire lors d’un débat sur une motion déposée par son parti pour obliger les universités et les collèges publics à adopter une politique sur les agressions sexuelles.

«Ça m’a pris du temps avant d’accepter ce qui m’était arrivé. J’ai fait des cauchemars où j’étais suivie et j’entendais son rire.»

«Je me suis senti coupable, mais j’ai réalisé par la suite que ce n’était pas de ma faute. J’étais seulement au mauvais endroit au mauvais moment.»

«S’il y avait eu une politique d’appui et de counselling à mon travail, je m’en serais assurément prévalue», a dit Pam Lynch.

La motion du député Ernie Steeves est inspirée d’une proposition de l’Alliance étudiante du Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement a utilisé sa majorité à la chambre pour modifier la motion de l’opposition officielle afin que l’Assemblée législative souligne plutôt les efforts déjà réalisés par les collèges et les universités en matière d’agressions sexuelles au lieu de les obliger à en faire davantage.

«Toutes les institutions (d’éducation postsecondaire) publiques ont déjà une politique sur les agressions sexuelles ou sont en train d’en développer une», a confié le ministre de l’Éducation postsecondaire, Roger Melanson.

«Nous sommes convaincus que ces institutions prennent cette question très au sérieux comme nous tous.»

Selon l’Alliance étudiante, il existe des «problèmes récurrents dans les processus de plainte et de signalement» en matière d’agression sexuelle sur les campus même si la plupart des institutions postsecondaires ont déjà adopté des politiques de ce genre.

«Ces problèmes mettent en évidence la nécessité d’une structure de soutien spécialisée et indépendante pour les victimes de violences sexuelles», affirme l’organisme qui représente la population étudiante anglophone de la province dans un document de lobbying présenté récemment aux partis politiques.

«Actuellement, dans certains établissements, les survivants portent plainte auprès de comités qui traitent également d’autres cas d’inconduite non académique. Ceci est extrêmement inapproprié», affirment les étudiants.

Peu de temps après son agression, Pam Lynch a porté plainte à la police et son agresseur a été arrêté. L’homme qui était mineur à l’époque a été trouvé coupable et a été assigné à domicile.

«Il ne faut plus tolérer ça. Il faut que ça arrête. Si je peux raconter mon histoire, ça aidera peut-être d’autres femmes à sortir de l’ombre et à raconter elles aussi leur histoire», a-t-elle confié aux journalistes après le débat sur la motion.

La députée conservatrice s’est dite déçue par la décision des libéraux.

«Il n’y a rien de mal avec notre motion. Le personnel et les étudiants doivent travailler là-dessus pour mettre en oeuvre de bonnes politiques avec lesquelles ils se sentiront à l’aise de parler avec quelqu’un si quelque chose arrive.»

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