Une conseillère municipale démissionne et lance un message percutant

Un an et demi après son élection, la conseillère municipale de Bas-Caraquet, Anne-Marie Jourdain, a annoncé sa démission. Dans un message publié sur sa page Facebook officielle, la conseillère Jourdain, élue en 2016, énumère les raisons qui l’ont poussé à prendre cette décision.

«En toute transparence, j’aime bien tous les gens sur le conseil municipal à titre personnel, mais dans leur rôle respectif je déplore de façon non généralisée un certain nombre de lacunes. Trop d’années à siéger sans apporter d’idées, siéger pour de mauvaises raisons par exemple dans un intérêt personnel, ne pas s’impliquer en dehors des réunions», écrit-elle.

Elle déplore aussi l’inaction de certains conseillers en situation de crise, dont la crise du verglas.

«Plusieurs conseillers ont lavé leur conscience de leur inaction en disant que nous étions dans un pays libre et qu’aucun mandat humanitaire ne faisait partie du rôle de conseiller. À ce jour, aucun plan d’urgence n’a encore été élaboré.»

Elle parle aussi d’un manque de leadership, d’un manque de vision et une difficulté à rassembler les troupes.

«Une peur bleue d’augmenter les taxes même très peu alors que cela amènerait des nouveaux argents qui pourraient être utilisés dans des axes prioritaires autre que l’eau, les égouts et l’asphalte. Un manque de leadership, un manque de vision, une difficulté à rassembler les troupes, une incapacité à exiger une implication sur des comités, une absence de revendications vers les paliers gouvernementaux supérieurs, etc…»

Malgré tout, elle demeure fière de ses accomplissements au sein du conseil municipal et elle entend poursuivre son implication dans sa communauté. Elle espère que son départ permettra une prise de conscience et du changement.

«J’ai vraiment, sincèrement eu l’impression de travailler très fort. De ramer très fort. J’en suis venue à la conclusion que je serai plus utile à l’extérieur du conseil municipal qu’à l’intérieur.»

Elle propose des solutions pour changer la donne, dont un maximum de deux mandats par conseiller.

«Après on fait autre chose et on laisse la place à d’autres. Laisser un siège vacant si personne ne se présente. Un siège jeunesse. Une obligation de s’engager sur des comités en décourageant le bois mort. Engager un-e agent-e de développement. Inviter la population aux réunions de travail. Un suivi obligatoire des dossiers. Un mandat élargi de la l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick pour la formation des élus-es et le coaching.»