Dalhousie: un conseiller suspendu par le maire

Irrité par les comportements d’un de ses conseillers, le maire de Dalhousie, Normand Pelletier, a pris les grands moyens et décidé de suspendre ce dernier jusqu’à ce qu’il s’excuse publiquement.

Cela fait plusieurs mois que les tensions sont palpables entre le conseiller Mickey Maloney et le reste des élus de Dalhousie. Lundi soir, ces tensions ont explosé.

Au début de la rencontre publique mensuelle, le conseiller a voulu ajouter une liste d’items pour discussions à l’agenda dans la catégorie «affaires nouvelles». Le conseiller voulait notamment aborder la question d’embauches et offres de services récentes qui auraient été – selon ses dires – effectuées de façon arbitraire, sans soumission publique. Sa demande lui a toutefois été refusée par le maire, prétextant que ces sujets avaient déjà été traités en comités. S’en est suivi un échange musclé qui s’est terminé avec la décision du maire de suspendre le conseiller.

M. Maloney accuse notamment la Ville d’opacité au niveau procédural et de prendre des décisions en catimini. Il reprend d’ailleurs plusieurs de ses opinions et récriminations sur les médias sociaux où les débats s’enflamment. «Je suis un conseiller à Dalhousie, mais aussi un citoyen. J’ai le droit d’exprimer mes opinions. Je l’ai toujours fait et ce n’est pas le maire qui va me dire de me taire», a confié le conseiller en entrevue.

Du côté du maire, la situation avait tout simplement atteint un point de rupture. «Depuis qu’il est élu, tout ce qu’il fait c’est de pointer les autres conseillers du doigt. S’il y a un problème, il n’essaye pas de trouver une solution, mais plutôt un coupable. Mais le véritable problème, c’est qu’il intimide et insulte verbalement les employés de la ville et même ses confrères du conseil. Il dit des faussetés et abaisse tout le monde sur les médias sociaux. Moi je trouve que c’est inacceptable et ce soir j’en ai eu assez», indique le maire.

Ce dernier soutient avoir suivi une section de la Loi sur les municipalités qui l’autorise à le suspendre de ses privilèges de conseiller. Il compte même lui interdire la présence lors des assemblées publiques du conseil. «J’ai le droit de jeter qui je veux du conseil si j’estime que ça façon d’agir ou de se comporter n’est pas adéquate. S’il veut revenir, qu’il s’excuse et qu’il promette de bien se tenir.», estime le maire.

Et le principal intéressé, que pense-t-il de sa suspension? «Je vais vérifier si c’est légal, ce dont je doute. Selon moi c’est illégal. Mais je ne vais pas démissionner ni m’excuser. S’il le faut, j’assisterai aux rencontres publiques et de comités dans la salle comme citoyens», dit le conseiller Maloney.