Les quartiers n’existeront plus à Caraquet d’ici 2020

Seulement 20% des municipalités du Nouveau-Brunswick comptent un mode de gouvernance par quartier. À compter de 2020, Caraquet ne fera plus partie de ce groupe minoritaire. La population sera appelée à choisir des conseillers généraux lors des prochaines élections municipales.

Caraquet compte actuellement quatre quartiers et huit conseillers. Plus tôt cet été, les élus avaient déjà approuvé une réduction du nombre de conseillers de huit à six et de quartiers de quatre à trois. Une série d’articles publiés récemment dans l’Acadie Nouvelle portant sur la représentation par quartier a cependant continué de nourrir la réflexion.

«On a vu qu’on était dans la minorité. On s’est dit qu’il fallait être un peu plus démocratique et avoir des conseillers généraux. Ce soir, on a décidé d’enlever les quartiers, donc au lieu d’avoir trois quartiers avec deux conseillers pour les représenter, il va avoir six conseillers généraux», explique Kevin Haché, maire de Caraquet.

La proposition a notamment été défendue par le conseiller Rosaire Labrie.

«La prise de décision doit être faite pour l’ensemble de la ville parce qu’on gère un budget pour tous les citoyens. (…) Je trouve que ça va permettre à la municipalité d’aller chercher des personnes disponibles et prêtes à travailler.»

La question a donné lieu à un important débat lundi soir. Le conseiller Jean-Guy Blanchard a demandé la mise sur pied d’une table de travail pour examiner les avantages et désavantages avant de prendre une décision. Sa proposition a cependant été rejetée par une majorité du conseil.

«Est-ce qu’une formule de gouvernance avec deux conseillers nous pose problème?»

Le conseiller Yves Roy est le seul à avoir soutenu M.Blanchard. Il a même suggéré de réduire le nombre de conseillers de 6 à 5, mais encore une fois, la majorité des conseillers a refusé la suggestion.

Certains se sont demandé si le fait de réduire davantage le nombre de représentants ne ferait qu’alourdir leur tâche.

«On est impliqué dans beaucoup de comités. On veut que les jeunes s’impliquent, mais souvent ils travaillent déjà 40 heures par semaine», argumente Marie-Soleil Landry, élue du quartier 3.

Le conseiller Camille Gionet s’est aussi montré en faveur de la motion.

«En partant, je voyais déjà mon mandat comme étant général. Je travaille pour la ville.»

D’après Kevin Haché, les changements devraient encourager une prise de décision qui profite à Caraquet dans son ensemble.

«Des fois, certaines questions arrivent sur la table et on se tourne vers le conseiller du quartier pour demander leur opinion. Peut-être que des décisions ont été prises sans tenir compte de l’intérêt de la municipalité, mais le fait de changer notre mode de gouvernance enlève cette apparence.»

Au Nouveau-Brunswick, près de 20% des 107 municipalités ont un mode de gouvernance par quartier ou une combinaison entre des conseillers par quartier et des conseillers généraux.

À Caraquet, les changements entrent en vigueur dès 2020.