La population de Saint-Quentin refuse de perdre son service d’oncologie ainsi que tout autre service, programme ou emploi à l’intérieur des murs de son hôpital.

Invitée à se prononcer mardi soir, la population de Saint-Quentin a dit un non sans équivoque à la solution proposée par le Réseau de santé Vitalité pour désamorcer la crise du service d’oncologie de l’Hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph.

En tout, environ 150 personnes ont répondu à l’invitation du Regroupement de la santé de Saint-Quentin, comité mis sur pied afin de veiller au maintien des services de santé à l’intérieur de cet hôpital. Et cette foule a confié à ce comité la tâche de poursuivre son lobbying afin de rapatrier le service d’oncologie dans l’établissement… et non pas aux conditions proposées par le Réseau de santé Vitalité.

Le réseau propose en effet l’embauche d’une infirmière immatriculée mobile qui ferait la navette entre Saint-Quentin et Grand-Sault afin d’offrir les traitements d’oncologie, une solution évaluée à environ 120 000$ par année. Mais cette idée, les membres du regroupement la perçoivent comme une ruse destinée uniquement à acheter la paix un certain temps.

«C’est une proposition temporaire, sans garantie qu’elle sera renouvelée année après année. Nos infirmières vont perdre leur expertise. Et qu’est-ce qui arrivera par la suite, quand nos infirmières actuelles n’auront plus leur certification pour offrir les traitements? Ils vont rapatrier le service pour de bon à Edmundston et on ne pourra plus rien faire. On veut une solution durable et non une solution qui nous amènera à remonter aux barricades dans quelques mois», a lancé à la foule la mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers.

Le débat entourant la perte du service d’oncologie au Restigouche-Ouest témoigne d’un malaise plus profond, soit que l’hôpital de l’endroit se voit graduellement amputer des services depuis les 13 dernières années. Après examen, le comité soutient que 19 services ont été victimes de coupures, complètes ou partielles.

«Tout ça s’est fait petit à petit, par la porte d’en arrière. Le Réseau de santé Vitalité ne s’en est pas vanté», ajoute Mme Somers.

La volonté d’ajouter l’oncologie à cette liste semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase puisque le regroupement réclame désormais non seulement un moratoire pour le service d’oncologie, mais également pour tous les acquis (services, programmes et emplois) actuels de l’hôpital.

«On va même plus loin, on veut récupérer ce qu’on nous a pris au cours des dernières années. Chose certaine, si on ne fait rien, notre hôpital ne sera plus que l’équivalent d’une clinique médicale d’ici quelques années, et on ne veut pas ça», a martelé Mme Somers.

Dans la foule, les commentaires n’étaient pas toujours tendres envers le Réseau de santé Vitalité.

«On devrait changer le nom de Vitalité pour Vandales. Peut-être devrions-nous demander d’être plutôt gérés par le Réseau de santé Horizon. Car j’aimerais mieux être géré par un anglophone qu’être achevé par un francophone», a lancé un participant.

D’autres ont demandé à ce qu’on trace une comparaison entre les hôpitaux de mêmes tailles dans les deux réseaux.

«On n’a qu’à regarder l’hôpital de Perth. Il y a plus de service là, alors qu’il y a moins de population. On est lésé», a-t-on avancé au micro.

Autre source de frustration de la foule, la centralisation des services hospitaliers à l’Hôpital régional d’Edmundston. «C’est clair que la perte de notre service d’oncologie est directement liée avec le fait qu’on veut plus de volume de patients à Edmundston afin de justifier l’injection d’argent», indique Mme Somers.

«On doit constamment se déplacer vers Edmundston pour le moindre service désormais. On est toujours sur la route. C’est beaucoup de temps et d’argent que l’on perd», a témoigné un résident du coin.

Certains ont été jusqu’à suggérer de bouder l’hôpital d’Edmundston au profit de celui de Campbellton, question de démontrer concrètement le mécontentement. Autre moyen de contestation, ne plus effectuer de don à aucune organisation de la santé. «Nous sommes une population généreuse, on donne à la fondation de la santé, mais le sac d’argent quitte toujours la région et ne revient jamais. On devrait garder cet argent localement et la gérer pour bonifier nos services. On devrait donner à notre communauté, à nos soins», a lancé un citoyen, Normand Thériault, proposant la création d’une fondation locale.

Et son message a trouvé écho. «Je donne chaque année à l’Arbre de l’espoir, mais cette année je vais passer mon tour et garder ça pour notre propre Arbre de l’espoir», a indiqué France Levesque.

Pour la suite des choses, fort de cet appui de la population, le Regroupement de la santé entend monter un dossier solide et demande toujours une rencontre avec le ministre de la Santé et le PDG de Vitalité.

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