«Je suis tellement déçu que le jeune n’ait pas appris»

Le jeune chauffard qui avait été condamné pour la mort de Jérémie Grant, de Beresford, vient d’écoper d’une amende salée pour conduite sans assurance et pour avoir pris la fuite alors que les policiers tentaient de l’intercepter. Jean-Guy Grant, le père de la victime décédée à l’âge de 17 ans en 2010, est révolté par ce comportement.

Le citoyen de Tremblay est maintenant âgé de 24 ans. Cependant, parce qu’il était mineur lors des événements du 23 mai 2010, nous ne pouvons pas citer son nom.

En Cour provinciale, cette semaine, il a plaidé coupable à refus de s’arrêter en moto quand il était poursuivi par la police, le 20 juillet. Identifié par la suite, il a également été accusé de ne pas avoir enregistré l’engin à son nom après achat et de ne pas l’avoir assuré. Pour tout cela, il a reçu une contravention de 1977$.

À défaut de paiement, il devra passer 46 jours derrière les barreaux. Il lui est interdit de conduire pour 12 mois.

En janvier 2012, il a reçu un an de prison pour conduite dangereuse ayant causé la mort de Jérémie Grant. Son permis a également été suspendu pour quatre ans.

Le drame, qui résulte d’une course de rue, s’est produit sur la promenade Queen Elizabeth, à Bathurst.

Le jeune conducteur du véhicule à bord duquel Jérémie Grant se trouvait, en a perdu la maîtrise et a fait plusieurs tonneaux. Il tentait de dépasser à haute vitesse la voiture de Martin Doucet. Deux autres passagers ont été blessés.

Durant le procès, la juge a noté l’absence d’excuses du chauffard envers la famille Grant.

Martin Doucet, qui avait 21 ans à l’époque des faits, a été condamné à 30 mois de prison pour conduite dangereuse. Son permis lui a aussi été retiré pour quatre ans. Il avait exprimé des remords et s’est excusé aux proches de la victime lors du prononcé de sa sentence.

Sept ans et demi se sont écoulés depuis la jour fatidique et Jean-Guy Grant est sidéré de constater que le jeune contrevenant ne semble avoir tiré aucune leçon de la tragédie dont il est responsable.

«Je suis tellement déçu et un peu fâché que le jeune n’ait pas appris de la situation qui est arrivée en 2010. Il manque de respect à la communauté. Il peut prendre la vie à d’autres personnes», déplore M. Grant.

«Par contre, Martin Doucet s’est pris en main et a fait un homme de lui. Il est devenu un citoyen respectable. C’est ce que tu veux avoir. Quelqu’un qui reconnaît qu’il a fait une erreur et qui change pour le mieux», dit-il.

La perte de son fils est toujours très douloureuse pour Jean-Guy Grant, qui est le maire de Beresford,

«Je suis grand-père et la vie doit continuer, mais j’ai perdu mon meilleur chum. Nous avons tous une responsabilité envers notre propre sécurité et celle des autres», confie-t-il.

D’ailleurs, il avait témoigné de l’importance de conduire avec prudence lors de la simulation-choc d’un accident routier scénarisée par les élèves de l’École secondaire Népisiguit, l’an dernier.