Agressions sexuelles sur des enfants: un nouveau centre est déjà trop petit

Au Nouveau-Brunswick, 568 agressions sexuelles ont été déclarées à la police en 2009. Dans 61% des cas, la victime était un enfant âgé de moins de 12 ans. Ces statistiques ne sont que la pointe de l’iceberg puisque seulement 9% des agressions sexuelles sont rapportées.

«Ces statistiques sont très inquiétantes», a indiqué Sylvie LeBlanc, intervenante jeunesse au centre Boréal, situé à Dieppe.

Ce nouveau centre, le premier en son genre au Nouveau-Brunswick et le deuxième en Atlantique, permet d’accompagner, d’aider et d’offrir des soins aux jeunes victimes d’agression sexuelle.

Avant le centre Boréal, une jeune victime d’agression sexuelle devait faire face à un long processus et raconter son histoire plusieurs fois, que ce soit à une infirmière, à un enquêteur de la GRC ou aux avocats des services juridiques.

«Les recherches démontrent que ça « revictimise » l’enfant et que ça peut causer plus de symptômes par rapport à sa santé mentale», a précisé Mme Leblanc.

Il fallait donc trouver une nouvelle manière de faire les choses pour aider les enfants à faire face au processus le plus aisément possible. Inspiré de ce qui se fait aux États-Unis depuis 40 ans, l’idée d’un centre d’appui est née.

Le centre Boréal permet à l’enfant d’avoir accès à tous les services dans un même endroit. La victime peut par exemple être interviewée dans une salle par des intervenants alors que des policiers écoutent la conversation sur une télévision dans la salle d’à côté pour les besoins de l’enquête.

L’enfant n’a plus à visiter plusieurs endroits et à raconter son histoire en de multiples reprises.

«Ce sont les services qui viennent ici. La famille arrive et les services travaillent ensemble pour échanger l’information et aider la famille».

Ces services sont offerts dans un environnement qui ressemble en tout point à une garderie. Les chaises et les tables sont minuscules. Le décor est coloré et invitant. Des toutous et des crayons à colorier sont là pour tenter de faire oublier aux touts petits l’enfer qu’ils ont vécu pendant que les grands enquêtent pour que justice soit faite.

Le centre est ouvert depuis un mois à peine et malheureusement, il est déjà très fréquenté et se fait déjà trop petit.

«On a été obligé de refuser des cas et de les renvoyer à la GRC», a avancé Angèle Losier, la directrice du centre.

Au cours des trois dernières années, 135 cas d’agression sexuelle sur un enfant ont été déclarés au ministère de la Sécurité publique dans la région du Grand Moncton et le Sud-Est.

Plus tard, le centre pourrait être appelé à grandir. Les victimes pourraient par exemple témoigner en cour par vidéoconférence à partir du centre d’appui.