Raymond Théberge

Le gouvernement Trudeau a officiellement proposé la candidature de Raymond Théberge au poste de commissaire aux langues officielles, jeudi à Ottawa. Ce dernier devra recevoir le feu vert de la Chambre des communes et du Sénat avant d’entrer en fonctions.

La nouvelle est tombée en avant-midi, confirmant ce que l’on savait de source sûre depuis quelques jours, mais que personne à Ottawa ne voulait confirmer en bonne et due forme, on the record.

La semaine dernière, l’Acadie Nouvelle et d’autres médias avaient en effet révélé que les libéraux avaient arrêté leur choix sur le recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton afin de succéder à Graham Fraser.

Dans une déclaration écrite publiée jeudi, le premier ministre du Canada affirme que le Raymond Théberge a la « passion pour la dualité linguistique et les droits linguistiques des minorités» et qu’il est «le candidat idéal».

Il note aussi la longue expérience de M. Théberge, qui l’aidera selon lui à comprendre les défis des communautés anglophones et francophones de partout au pays.

«Je suis convaincu que M. Théberge exigera des comptes du gouvernement concernant la pleine mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles», dit Justin Trudeau.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, lors de son passage aux bureaux de l’Acadie Nouvelle à Moncton l’été dernier. – Archives.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a elle aussi commenté la nouvelle. Son cabinet nous a fait parvenir une déclaration écrite par courriel.

«Après un processus rigoureux, ouvert et fondé sur le mérite, M. Théberge s’est clairement distingué comme étant le meilleur candidat pour le poste de Commissaire aux langues officielles», peut-on y lire.

Avant de quitter Moncton pour aller s’installer dans la capitale, Raymond Théberge devra tout d’abord comparaître devant des comités de sénateurs et de députés à Ottawa. Sa nomination sera ensuite soumise à un vote dans chaque chambre avant d’être confirmée.

L’Acadie Nouvelle a contacté l’Université de Moncton afin d’obtenir une entrevue avec Raymond Théberge. L’institution s’est contentée de renvoyer la balle dans le camp du gouvernement fédéral.

Madeleine Meilleur. – Archives

Deuxième tentative des libéraux

Raymond Théberge n’est pas le premier choix du gouvernement Trudeau. Plus tôt cette année, au terme d’un premier processus de sélection, les libéraux ont annoncé la nomination de l’ex-ministre provinciale ontarienne Madeleine Meilleur au poste de commissaire aux langues officielles.

Le processus de sélection a été vivement critiqué, notamment par les partis d’opposition et par de nombreux intervenants de la société civile francophone hors Québec. Ses liens avec le parti libéral ne sont pas passés inaperçus.

En juin, après des comparutions mouvementées devant des comités de députés et de sénateurs –peu avant avant que les élus soient appelés à voter sur sa nomination– Madeleine Meilleur a décidé de retirer sa candidature.

Le gouvernement a par la suite lancé un processus de sélection renouvelé de trouver une personne afin d’occuper ce poste de chien de garde des communautés de langue minoritaire.

Réaction favorable de la FCFA

À la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), on s’est réjoui, jeudi, que le gouvernement ait enfin comblé le poste.

«Ce que je vois de positif dans la nomination, surtout, c’est qu’il était temps qu’on (la) fasse. On est officiellement heureux de voir la nomination, point à la ligne. Maintenant, on roule nos manches, et on commence à travailler», a exprimé au téléphone le président de l’organisation, Jean Johnson.

La chaise était occupée de façon intérimaire depuis plus d’un an, après le départ à la retraite du précédent commissaire, Graham Fraser.

Il a par ailleurs souligné la « valeur symbolique » que revêt la nomination de M. Théberge aux yeux des francophones en situation minoritaire.

Le natif du Manitoba deviendra le premier commissaire provenant d’une autre province que le Québec et l’Ontario depuis la création du poste, il y a près de 50 ans.

Mais « au-delà du symbolisme, ce qu’on veut, c’est quelqu’un de fort », a insisté M. Johnson, disant espérer que Raymond Théberge s’avérera un chien de garde « avec des dents ». – La Presse canadienne

Raymond Théberge. – Archives

Qui est Raymond Théberge?

Né au Manitoba, Raymond Théberge a oeuvré pendant de nombreuses années au Collège universitaire de Saint-Boniface, à Winnipeg.

Il a ensuite été directeur général du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada avant de faire le saut dans la haute fonction publique ontarienne à titre de sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation.

Sa carrière l’a amené au Nouveau-Brunswick en 2012, lorsqu’il a obtenu un mandat de cinq ans à la tête de l’Université de Moncton. Son deuxième mandat a commencé plus tôt cette année et devait se terminer en 2022.

Pour l’instant, on ignore quand Raymond Théberge quittera ses fonctions et qui assurera l’intérim en attendant qu’un processus de sélection soit lancé par l’institution.

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