Donald Arseneault

En 14 années, Donald Arseneault a su gravir les échelons. Ministre de plusieurs portefeuilles, il a même occupé le poste de vice-premier ministre. Aujourd’hui toutefois, c’est par la porte-arrière qu’il quitte l’Assemblée législative.

Prendre des coups de la part d’adversaires est une chose, mais en provenance de son propre parti c’en est une autre…et cela fait plus mal. En ce sens, être qualifié de distraction par ses propres troupes aura été de trop pour Donald Arseneault. À dix mois des élections, il part dans une certaine tourmente.

Vendredi, le député restigouchois était de passage pour une dernière fois à son bureau à Fredericton, question de prendre possession de ses derniers cartons. Il en fera de même dans sa circonscription d’ici la fin du mois. Plus tôt en journée, il a rendu officielle sa démission en signant les documents nécessaires.

C’est par contre avec une amertume avouée en bouche que le député de Campbellton-Dalhousie quitte officiellement la vie politique, un départ assombri.

«Ce n’est vraiment pas comme ça que j’anticipais que ça se termine et je ne le cache pas, je suis déçu. On a réalisé de belles et grandes choses, tant pour la province qu’au Restigouche. J’aurais préféré une fin plus heureuse, plus que de devoir répondre à un ultimatum lancé par mon chef», souligne ce dernier.

Fort de quatre mandats, remportés souvent haut la main, il avait de bonnes chances de répéter cet exploit pour une cinquième reprise s’il n’avait pas décidé il y a quelques mois de tirer sa révérence pour embrasser un nouveau défi, un choix qui est d’ailleurs au cœur de son départ précipité de l’arène politique.

«Ce qui me déçoit le plus, qui me frustre énormément, c’est d’être pointé du doigt alors que je n’ai rien fait de mal. Tout a été fait en règle, même le commissaire à l’éthique n’a vu aucun conflit d’intérêts avec mon second emploi. La perception d’un conflit est une chose, mais la réalité en est une autre. Et cette réalité c’est que je n’étais pas en conflit, que je n’ai enfreint aucune loi», persiste à dire M. Arseneault, invitant d’ailleurs les autres députés de l’Assemblée législative à faire un sérieux examen de conscience.

«Suis-je vraiment un criminel parce que j’ai accepté un emploi alors que je savais que je ne me représenterais pas? Il y a plusieurs députés qui devraient se regarder dans le miroir, car la moitié des députés en chambre ont un second emploi ou sont en apparence de conflit. Mon cas est loin d’être le pire et pourtant on ne parle que du mien. C’est illogique», ajoute-t-il.

S’il y a un baume qui le soulage le moindrement, ce sont les appels des gens de sa circonscription qui le soutienne dans sa décision. «J’ai sacrifié une grande partie de ma vie pour la politique et ma vie personnelle en a énormément souffert. Je l’ai fait parce que j’aimais ça, mais aussi parce que je me sentais utile à ma région en développant des projets. C’est cela qui me fait un peu oublier les dernières semaines et sur quoi je vais focaliser mon attention», exprime-t-il.

Ce qui va lui manquer? «Je crois d’abord cette camaraderie avec le reste de mes collègues. Ça fait presque 15 ans que je partage la vie de certains d’entre eux. C’est comme une deuxième famille. Puis il y a certainement aussi cette possibilité de faire avancer les choses, de développer des politiques et des dossiers qui ont un impact sur les gens.»

Bilan

En près de 15 ans, la liste des réalisations locales est longue pour le député. Des projets qui ont abouti après avoir été sur les tablettes pendant des décennies, comme les canons à neige au Sugarloaf ou encore le nouveau centre correctionnel de Dalhousie. «Ce dont je suis le plus fier par contre, c’est d’avoir réussi à regrouper les communautés autour des projets d’écoles communautaires. On avait un sérieux problème d’écoles vieillissantes et, en travaillant tous ensemble, on est parvenus à le régler pour des décennies», souligne-t-il.

À l’inverse, il constate également certains échecs. Il aurait notamment aimé pouvoir développer davantage le port de mer de Dalhousie, une infrastructure qu’il estime avoir un potentiel énorme, mais qui demeure sous-utilisé. Il aurait aussi bien aimé doter l’hôpital de Campbellton d’un appareil IRM permanent, le seul hôpital régional de la province à ne pas posséder en avoir un. Et il y a également le dossier de l’ambulance aérienne pour Charlo, dossier qu’il n’a jamais réussi à faire décoller malgré plusieurs tentatives. «On a deux appareils stationnés dans le sud de la province alors qu’on sait très bien que les besoins sont au nord. Je n’ai jamais compris pourquoi on s’entêtait à ce point à ne pas vouloir en mettre un ici. C’est ridicule», dit-il, espérant que son successeur pourra faire débloquer ces projets.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle